Demandez à n’importe qui ayant construit sa maison au Gabon : le fer à béton, c’est souvent le poste qui fait le plus mal au budget, et celui qui réserve le plus de mauvaises surprises. Un prix qui grimpe d’un mois à l’autre, un fournisseur en rupture au moment où le chantier en a besoin, des barres de fer qu’il faut parfois chercher chez plusieurs quincailliers avant de trouver la bonne quantité. Tout cela vient d’une même cause : la quasi-totalité du fer à béton consommé au Gabon arrive par bateau, avec un prix qui dépend du cours mondial de l’acier, du coût du fret et du niveau du dollar.
Produire localement ce que le Gabon importe aujourd’hui
C’est exactement ce que le projet Prometal veut changer. Le 1er juillet 2026, le groupe camerounais a posé la première pierre de son usine dans la Zone Industrielle Spéciale de Nkok, à moins d’une heure de Libreville, en présence du ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, du directeur général de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI-Gabon), Ghislain Moandza Mboma et la maire de la commune de Ntoum, Zéphirine Etoutowa Ntoutoume. L’idée est simple : produire localement ce que le Gabon importe aujourd’hui. Dès la première phase, financée à hauteur de 38 milliards de fcfa, l’usine doit sortir 60 000 tonnes de fer à béton par an, ainsi que des tubes, du fer de 6, des tôles de toiture galvanisées et aluminium, et des pointes. Moins de bateaux à attendre, moins de dépendance à un cours mondial que personne au Gabon ne contrôle.
« Avec un investissement de 38 milliards de francs CFA, il permettra de développer une industrie sidérurgique moderne, fondée sur la transformation locale des matières premières, le recyclage des métaux, puis, à terme, la valorisation du minerai de fer gabonais.
Ce projet répond directement à plusieurs priorités nationales : accroître la transformation locale ;
réduire notre dépendance aux importations ;
renforcer notre souveraineté industrielle ; développer les exportations à forte valeur ajoutée ; créer des emplois qualifiés pour la jeunesse gabonaise ;
favoriser le transfert de technologies et de compétences », a déclaré l’Administrateur général de l’Autorité administrative de la Zone d’investissement spéciale (ZIS) de Nkok, Serge Samy Biveghe.
Une enveloppe totale de 150 milliards de fcfa sur cinq ans
Ce n’est qu’un début. Le groupe a annoncé une enveloppe totale de 150 milliards de fcfa sur cinq ans, avec l’ambition de porter la capacité de production à 170 000 tonnes d’acier par an. Une seconde phase, encore à venir, doit même permettre de transformer localement le minerai de fer, pour couvrir toute la chaîne, de la mine jusqu’au produit fini vendu en quincaillerie.

Si vous avez un projet de construction dans les deux à trois prochaines années, voici ce qu’il faut retenir : l’usine doit entrer en service sous 24 mois. Ce n’est donc pas pour demain, mais ce n’est pas non plus dans dix ans. Il y a aussi un effet moins visible mais tout aussi réel pour de nombreuses familles : le projet doit créer 350 emplois directs sur le site de Nkok, et environ 1 000 emplois indirects dans les métiers qui gravitent autour, transport, sous-traitance, restauration.
« En capacité de croisière, l’investissement devrait consommer environ 10 MW de puissance électrique souscrite et générer annuellement environ : 13 milliards de fcfa au titre de valeur ajoutée et 4 milliards de fcfa au titre de l’impôt sur les sociétés. L’implantation de PROMETAL à Nkok s’inscrit pleinement dans la dynamique de diversification économique engagée par les autorités gabonaises. Grâce à un environnement favorable aux investissements, la ZES de Nkok continue d’attirer des projets industriels structurants, créateurs de richesse et de valeur ajoutée », précisent les autorités gabonaises.
Rien ne garantit que les prix baisseront du jour au lendemain une fois l’usine ouverte : cela dépendra aussi de la concurrence, des taxes et de la demande. Mais pour la première fois depuis longtemps, une partie du prix du fer à béton au Gabon pourrait se décider à Nkok plutôt qu’à des milliers de kilomètres de là, sur un marché mondial que ni vous ni votre quincaillier ne maîtrisez.














