Les trois membres CEMAC de l’OPEP, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon, présentent en juin des trajectoires de production divergentes qui illustrent l’hétérogénéité de la discipline collective au sein du cartel. Selon l’enquête Reuters publiée vendredi, le Congo a produit 270 000 barils par jour, soit 7 000 barils sous son objectif de 277 000. La Guinée équatoriale, avec 50 000 barils par jour, reste 20 000 barils en dessous de son quota de 70 000. Le Gabon, à l’inverse, dépasse son objectif de 51 000 barils par jour.
Ce contraste régional prend une dimension particulière dans le contexte actuel de l’OPEP+, où le rebond de production observé en juin, 3,3 millions de barils par jour supplémentaires au total, reste largement porté par les grands producteurs du Golfe qui rattrapent le terrain perdu depuis le déclenchement du conflit en Iran fin février. Les trois pays de la CEMAC, eux, n’ont enregistré aucune variation significative de leur production entre mai et juin, un immobilisme qui les place en marge du mouvement général.
Le sous-respect chronique du Congo et de la Guinée équatoriale renvoie à des enjeux structurels connus : vieillissement des champs, sous-investissement dans l’exploration et retards dans les projets de développement, notamment autour des blocs offshore équato-guinéens. Ces deux pays produisent en deçà de leurs capacités théoriques depuis plusieurs cycles, sans que les mesures annoncées pour inverser la tendance n’aient encore produit d’effets tangibles sur les volumes.
Le cas gabonais est différent et pose une question inverse : celle d’un dépassement de quota qui, s’il se prolonge, pourrait être interprété par les autres membres de l’OPEP+ comme un manque de discipline collective de la part de Libreville, dans un moment où l’organisation cherche justement à rassurer le marché sur sa capacité à piloter l’offre de manière coordonnée. Le communiqué de l’OPEP+ précise d’ailleurs qu’aucune coupe compensatoire n’a été appliquée en juin pour corriger les éventuelles surproductions antérieures, ce qui laisse la question ouverte pour les mois suivants.
Cette photographie contrastée de la CEMAC pétrolière mériterait un suivi resserré dans les prochaines enquêtes mensuelles, notamment pour vérifier si le dépassement gabonais se confirme dans la durée et si les autorités de Libreville, du côté du ministère du Pétrole, entendent apporter des clarifications sur les choix de production retenus pour le second semestre 2026.














