Gabon : 2e masse salariale la plus élevée de la CEMAC en 2025 avec 825,3 milliards fcfa derrière le Cameroun

Avec 825,3 milliards fcfa inscrits au titre des dépenses de personnel dans la loi de finances 2025, le Gabon dispose de la deuxième masse salariale publique la plus importante de la CEMAC, derrière le Cameroun. La comparaison régionale harmonisée de la Commission de la CEMAC aboutit à la même hiérarchie, même si elle retient pour Libreville un montant légèrement différent de 829,4 milliards fcfa, contre 1 587,2 milliards fcfa pour Yaoundé. L’écart entre les deux premiers pays de la sous-région atteint ainsi près de 758 milliards fcfa sur la base des données communautaires. 

Derrière ce duo, le Tchad arrive avec 706,6 milliards fcfa de traitements et salaires en 2025, suivi du Congo avec 434,9 milliards, de la Guinée équatoriale avec 233,5 milliards et de la Centrafrique avec 121,4 milliards. À l’échelle des six États, la Commission chiffre la masse salariale publique à 3 913,1 milliards fcfa en 2025, contre 3 843 milliards en 2024 et 3 502,9 milliards en 2023. Le Cameroun concentre ainsi environ 40,6 % de l’enveloppe régionale et le Gabon un peu plus de 21 % : à eux deux, ils absorbent plus de 60 % des rémunérations publiques recensées dans la zone. 

Au Gabon, les 825,3 milliards fcfa retenus dans le budget 2025 représentent une hausse de 53,6 milliards fcfa par rapport aux 771,7 milliards inscrits dans la loi de finances initiale 2024, soit une progression d’environ 7 %. Le gouvernement avait notamment associé cette augmentation à 45,5 milliards fcfa liés aux recrutements en cours et annoncés, 2,5 milliards à la revalorisation des vacations de l’Éducation nationale, 3,6 milliards aux émoluments des parlementaires et magistrats et 2 milliards aux avancements en grade dans les forces de défense et de sécurité. La masse salariale regroupe également la solde permanente, les rémunérations des autres catégories de salariés, les vacations et différentes indemnités. 

En montant brut, le Gabon se situe donc largement devant quatre des cinq autres États membres, mais la lecture change lorsqu’on rapporte les salaires aux capacités fiscales de chaque pays. L’indicateur publié par la CEMAC situe le ratio masse salariale-recettes fiscales du Gabon à 46,9 % en 2025, contre 34,2 % au Cameroun, 46,2 % au Tchad et 41,2 % au Congo. Il atteint en revanche 73,7 % en Centrafrique et 82,5 % en Guinée équatoriale. Pour l’ensemble de la Communauté, le ratio est évalué à 41,4 %, au-dessus de la norme communautaire de 35 %. 

Le poids gabonais reste également significatif au regard des ressources publiques disponibles. Dans ses projections harmonisées pour 2025, la Commission de la CEMAC retient 2 744,2 milliards fcfa de recettes publiques pour le Gabon et 829,4 milliards de salaires et traitements, soit près de trois francs de rémunérations publiques pour dix francs de recettes. À l’échelle communautaire, les rémunérations publiques ont augmenté de 1 060 milliards fcfa depuis 2021, passant de 2 852,9 à 3 913,1 milliards fcfa. Le cas gabonais concentre ainsi deux dimensions différentes : une masse salariale nominale dépassée uniquement par celle du Cameroun et un ratio salarial qui demeure supérieur au seuil communautaire suivi par la CEMAC. 

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