Gabon : 80 km de côtes à dépolluer, Loango pourrait devenir le laboratoire national du recyclage plastique

Sur la côte du parc national de Loango, le plastique arrive parfois de beaucoup plus loin que les visiteurs. Transportés par les cours d’eau et les courants océaniques, bouteilles, emballages et autres déchets viennent s’accumuler sur des plages bordant l’un des espaces naturels les plus emblématiques du Gabon. Depuis la mi-août, quatre membres de Plastic Odyssey parcourent ainsi plus de 80 kilomètres de littoral avec l’ANPN, la Wildlife Conservation Society et l’association La Légion Bleue. 

La mission ne consiste pourtant pas à ramasser quelques tonnes de déchets avant de repartir. Pendant quinze jours, les équipes doivent cartographier les zones polluées, notamment par drone, identifier les déchets et étudier les conditions d’une intervention beaucoup plus vaste. Cette reconnaissance doit préparer une opération envisagée pour 2027-2028 dans un territoire inscrit depuis 2022 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Loango pourrait ainsi devenir un terrain d’expérimentation grandeur nature. Plastic Odyssey défend une approche qui consiste à intervenir en amont de la pollution marine, en développant des solutions locales de collecte, de tri et de valorisation plutôt qu’en se limitant au nettoyage de l’océan. L’organisation estime que 80 % de la pollution plastique marine pourrait être évitée grâce à des solutions déjà disponibles. 

Pour le Gabon, l’intérêt dépasse donc la seule protection d’un parc national. Cartographier 80 kilomètres de côtes permet de comprendre où s’accumulent les déchets, leur nature et les moyens nécessaires pour les récupérer. Si cette connaissance débouche ensuite sur des dispositifs de collecte et de traitement reproductibles ailleurs, Loango pourrait servir de site pilote à une politique plus large de gestion des déchets plastiques.

C’est là que se trouve l’enjeu économique de l’opération. Le plastique abandonné représente aujourd’hui un coût environnemental ; collecté, trié et suffisamment concentré, une partie peut devenir une matière à valoriser. Loango ne créera pas à lui seul une industrie nationale du recyclage. Mais l’opération programmée pour 2027-2028 peut fournir au Gabon ce qui manque souvent aux grandes ambitions environnementales : un territoire d’essai, des données mesurables et une méthode susceptible d’être reproduite ailleurs dans le pays.

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