Gabon : comment Andrew Gwodog et Samb’a Assurances ont réussi à se positionner pour une entrée à la BVMAC

Derrière la sélection de Samb’a Assurances par l’UGRIF pour une prise en charge de ses frais d’introduction en bourse se dessine la trajectoire d’un homme qui connaît déjà le chemin de la BVMAC. Le Dr Andrew Crépin Magloire Gwodog Nyangone, fondateur de Samb’a, n’en est pas à sa première expérience de cotation. Pendant douze ans, de 2012 à novembre 2023, il a dirigé la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG-Ré) en tant qu’administrateur directeur général, la faisant émerger comme le premier réassureur d’Afrique centrale. C’est sous sa direction que la SCG-Ré a réalisé, fin 2022, une augmentation de capital de 5 milliards de fcfa sur le marché financier de la CEMAC en vue de son introduction à la BVMAC, une opération accompagnée d’une véritable tournée de séduction auprès des investisseurs à Abidjan et à Dakar. Ce précédent constitue un actif rare : peu de dirigeants gabonais ont déjà personnellement piloté une opération de cotation régionale de bout en bout.

Après son départ de la SCG-Ré, Andrew Gwodog fonde en septembre 2024 Samb’a Assurances, avec une thèse d’investissement différente : plutôt que la réassurance institutionnelle, cibler la micro-assurance digitale pour les populations exclues des circuits classiques, travailleurs informels, agriculteurs, petits commerçants. Un pari sur un segment que le fondateur avait déjà observé fonctionner ailleurs en Afrique, notamment via son expérience avec Yelen Assurances au Burkina Faso, dont le dirigeant siège d’ailleurs aujourd’hui au conseil d’administration de Samb’a aux côtés de partenaires ivoiriens d’Avenire et NCARE. Ce montage actionnarial, panafricain dès l’origine, avec 75% de personnes morales et 25% de personnes physiques, traduit une volonté de bâtir une gouvernance élargie plutôt qu’une entreprise unipersonnelle.

Les résultats sont venus rapidement valider la thèse. En seulement quinze mois d’existence, Samb’a a vu son chiffre d’affaires passer de 188 millions de fcfa en 2024 à 443 millions de fcfa en 2025, une progression de 136%, avec un bénéfice net de 33 millions de fcfa et un délai moyen d’indemnisation inférieur à dix jours sur plus de 300 sinistres réglés. L’entreprise a ensuite accéléré son expansion régionale avec le lancement, en mai 2026, de Samb’a Assurances Cameroun, dotée d’un capital de plus de 615 millions de fcfa réparti entre 59 actionnaires, sur un marché camerounais de l’assurance qui approche les 300 milliards de fcfa de primes mais où la micro-assurance reste largement sous-pénétrée.

C’est cette combinaison, un fondateur déjà rodé aux mécanismes de la BVMAC et une entreprise affichant une croissance à trois chiffres sur son premier exercice plein, qui explique la sélection de Samb’a par l’UGRIF en juillet 2026. Le dossier illustre une manière de préparer une cotation qui tranche avec une candidature purement administrative : track record opérationnel vérifiable, gouvernance régionale déjà en place, et expansion transfrontalière déjà amorcée avant même l’admission en bourse. Pour les investisseurs qui suivront la suite du dossier, ces éléments constituent des repères plus solides que la seule annonce d’une prise en charge de frais d’introduction.

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