Assainissement de Libreville : encore une campagne liée au 17 août ?

La mairie de Libreville a annoncé le lancement d’une vaste opération de lutte contre l’insalubrité et l’occupation anarchique du domaine public. Une initiative dont le calendrier ravive l’idée d’une capitale qui ne se refait une beauté qu’à l’approche des grandes célébrations nationales.

‎La mairie centrale de Libreville annonce une vaste campagne de lutte contre l’insalubrité et l’occupation du domaine public, à compter du 14 juillet 2026. L’opération s’adresse aussi bien aux opérateurs économiques qu’aux populations de la capitale.

‎« Les opérations concerneront en priorité les marchés et commerces anarchiques installés sur les voies publiques, les garages improvisés et stations de lavage illicites, les épaves et véhicules abandonnés, les encombrants divers obstruant la voie publique communale, ainsi que les constructions irrégulières et autres occupations illégales du domaine », précise le communiqué de la municipalité. Une initiative qu’il convient de saluer, tant elle affiche une ambition claire : « préserver l’ordre urbain et l’image de la capitale », selon les termes du communiqué.

Difficile toutefois d’ignorer que cette opération intervient à un mois des festivités du 17 août, liées à l’indépendance du Gabon, et surtout après une réunion avec le vice-président de la République, au cours de laquelle il a été demandé d’accélérer les préparatifs. Le scénario est familier à  l’approche des grandes commémorations : Libreville se pare de trottoirs dégagés, de signalisations rafraîchies et de drapeaux flambant neufs, avant de retomber dans ses travers une fois les célébrations passées. Une manœuvre classique qui pose une question de fond : pourquoi cette « libération » de l’espace public ne s’inscrit-elle pas dans une politique urbaine durable ? 

Plus troublant encore, les acteurs économiques visés par ces opérations sont souvent les mêmes auprès desquels les agents municipaux prélèvent des taxes tout au long de l’année, malgré l’illégalité manifeste de leurs installations. Pourquoi tolérer (et fiscaliser) ces activités pendant des mois, pour ensuite les démanteler dès que le désordre devient trop visible ?

Avec une nouvelle équipe à la tête de l’hôtel de ville, l’enjeu est désormais de rompre avec ce cycle bien connu des Librevillois. L’assainissement de la ville étant appelé à s’inscrire dans une stratégie continue, lisible et appliquée tout au long de l’année. Afin qu’une fois les drapeaux rangés et les discours du 17 août prononcés, les trottoirs ne subissent pas un… retour à la normale.

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