La cérémonie avait tout de l’événement institutionnel réussi. Le 6 juillet à Libreville, la COSUMAF, l’AMF-UMOA et la CIMA ont signé une convention de coopération tripartite, en présence du Secrétaire Général du ministère de l’Économie Michel Tsamba. Les discours des présidents des deux autorités de marché, Jacqueline Adiaba-Nkembe pour la COSUMAF et Kossi Tenou pour l’AMF-UMOA, ont mis en avant une nouvelle dynamique de coopération et un cadre permanent de concertation tripartite.
Mais un cadre de concertation n’est pas un engagement contraignant. Le texte de la convention, tel que présenté publiquement, ne précise ni calendrier de mise en œuvre, ni objectifs chiffrés, ni mécanisme de suivi ou de sanction en cas de non-respect des engagements pris. Les formulations rapportées, harmonisation des pratiques réglementaires, renforcement des capacités institutionnelles, développement d’instruments financiers innovants, relèvent pour l’instant de l’intention plutôt que de l’obligation.
Les deux thématiques débattues lors de la rencontre, le financement des infrastructures par les marchés de capitaux et le rôle de l’assurance dans le financement de l’économie réelle, touchent à des enjeux réels pour les économies de la zone CEMAC et de l’UMOA. Mais des rapprochements institutionnels de ce type entre régulateurs financiers africains ont déjà été annoncés par le passé, sans toujours déboucher sur des effets mesurables pour les épargnants ou les émetteurs des deux zones.
Aucun indicateur de résultat n’a encore été communiqué sur la manière dont cette convergence se traduira concrètement pour un émetteur gabonais souhaitant accéder au marché ouest-africain, ou pour un épargnant ivoirien souhaitant investir sur la BVMAC. La question de la réciprocité effective entre les deux marchés reste donc ouverte.














