Gabon : délais raccourcis, travaux supplémentaires, budget réduit de 2,7 milliards fcfa, les dessous de l’affaire liée au monument Damas Aleka

Un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes (OGA), consulté par Gabon Review, vient bousculer le récit officiel autour du chantier du monument Georges Damas Aléka. Selon ce document daté du 6 juillet 2026 et signé par Thierry N’Gomo, past-président de l’institution, l’ouvrage aurait subi plusieurs modifications décidées depuis la présidence, loin de l’image d’un projet piloté par le seul architecte en charge, Erick Mauro Nguémah.

Le mémorandum détaille une série de décisions venues d’en haut qui ont profondément transformé le projet initial. Le budget aurait été amputé de 2,7 milliards de fcfa sur injonction présidentielle, tandis que les délais d’exécution auraient été comprimés de 14 à 10 mois. Dans le même temps, la corniche du site aurait été agrandie de 50 mètres et un mât porte-drapeau évalué à 148 millions de fcfa aurait été imposé par la Présidence, ajoutant des charges non prévues au cahier des charges d’origine.

À ces contraintes s’ajoutent des difficultés de trésorerie qui auraient pesé lourdement sur l’avancement des travaux. Le mémorandum évoque 23 mois cumulés de retards de paiements, une donnée qui, selon Gabon Review, contredit la thèse d’une défaillance imputable au seul concepteur du projet. Le montant total de l’ouvrage est fixé à 8 milliards de fcfa hors taxes, soit 9,52 milliards TTC, avec une exonération de taxes et de douanes.

L’OGA justifie sa prise de position par la nécessité de répondre aux critiques qui circulaient sur les réseaux sociaux et qui, selon l’institution, mettaient à mal la crédibilité de l’expertise nationale. D’après Gabon Review, l’architecte Mauro aurait répondu à l’ensemble des interrogations de ses pairs et présenté des pièces justificatives, dont des conventions, des correspondances et des ordres de paiement, pour étayer sa version des faits.

Le document révèle enfin un montage contractuel particulier, où concepteur, exécutants et contrôleurs seraient liés par une même convention solidaire. Cette configuration soulève des questions sur l’indépendance réelle des différents acteurs censés se contrôler mutuellement. Si le mémorandum vise à rassurer l’opinion, il expose surtout, selon Gabon Review, un dossier où les responsabilités demeurent enchevêtrées entre les niveaux de décision.

le coup de coeur

Derniers Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img