À Makokou, la Fête de la Libération aura aussi servi à mettre en avant un investissement moins spectaculaire qu’un grand bâtiment, mais directement lié aux conditions de vie : l’eau potable. Dans son discours du 30 août 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé « la réhabilitation du château d’eau de Makokou et l’installation d’une nouvelle station de production d’eau potable revampée d’une capacité de 100 m³/h, soit le double de la capacité actuelle ». L’indication permet de déduire que la capacité existante évoquée par le président se situe autour de 50 m³/h.
Sur une journée entière de fonctionnement à pleine capacité, 100 m³/h correspondent théoriquement à 2 400 m³ d’eau produits en 24 heures, contre environ 1 200 m³ pour une installation de 50 m³/h. Ce calcul exprime une capacité technique maximale et non le volume qui sera effectivement distribué aux ménages : celui-ci dépendra notamment des heures de fonctionnement, de la disponibilité de l’installation, du réseau et des pertes enregistrées entre production et distribution.
L’investissement dans la production ne réglera donc pas automatiquement toutes les difficultés d’alimentation. Une station peut produire davantage d’eau sans que l’intégralité du gain atteigne les robinets si le réseau de transport et de distribution présente des fuites, une capacité insuffisante ou des interruptions d’exploitation. La réhabilitation du château d’eau mentionnée simultanément par le chef de l’État prend à cet égard une importance particulière : le défi porte autant sur la production que sur le stockage et l’acheminement.
L’enjeu est également économique. Une alimentation plus régulière en eau améliore les conditions de fonctionnement des ménages, mais aussi celles des restaurants, hôtels, commerces, établissements sanitaires, administrations et petites unités de production. Elle devient d’autant plus nécessaire que l’État investit parallèlement dans de nouveaux équipements à Makokou. L’hôtel Ivindo Palace, le marché des femmes, les logements et les infrastructures administratives augmentent eux-mêmes les besoins en services urbains.
Reste désormais à mesurer l’effet réel du doublement annoncé. Les indicateurs pertinents seront moins la capacité nominale de 100 m³/h que le volume quotidien effectivement produit, le nombre de ménages desservis, la continuité du service et l’évolution des pertes sur le réseau. En matière d’eau, l’investissement ne devient une réalisation que lorsque l’augmentation de capacité se traduit effectivement par davantage d’eau disponible pour les usagers.














