La réforme de la Fonction publique gabonaise s’appuie désormais sur un premier constat particulièrement lourd. Dans son discours prononcé le 30 août 2026 à Makokou à l’occasion de la Fête de la Libération, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a indiqué que « près de 62 % des dossiers examinés sont en situation irrégulière et attendent une décision de l’administration ». Le chef de l’État précise que ce résultat ressort d’un audit récemment engagé et réalisé sur seulement deux mois et sur un « périmètre limité », ce qui interdit à ce stade d’extrapoler ce taux à l’ensemble de la Fonction publique.
Le président n’a communiqué ni le nombre total de dossiers examinés, ni celui des agents concernés, ni la ventilation précise des irrégularités constatées. Il a toutefois explicitement signalé « de très nombreux cas d’abandon de poste ». Aucun montant correspondant aux rémunérations éventuellement versées à des agents en situation irrégulière n’a non plus été avancé dans le discours. Le chiffre de 62 % constitue donc un indicateur de dysfonctionnement administratif, mais ne permet pas, à lui seul, d’évaluer son coût pour les finances publiques.
Pour l’exécutif, ces premiers résultats justifient néanmoins une réforme plus profonde de la gestion des agents publics. « Un tel niveau de dysfonctionnement constaté en seulement 2 mois sur un périmètre limité confirme l’urgence d’une réforme de la Fonction Publique », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema. Le gouvernement avait déjà engagé des opérations de contrôle destinées à mieux identifier les effectifs réellement en activité, leurs positions administratives et les anomalies susceptibles d’affecter la gestion des ressources humaines de l’État.
Cette remise en ordre doit désormais être accompagnée d’une révision du cadre statutaire des agents publics, annoncée comme étant en cours. Le président veut notamment revoir les conditions d’avancement et de reclassement afin qu’elles reposent sur des critères présentés comme « objectifs, transparents et équitables ». Compétence, mérite, engagement et qualité du service rendu sont appelés à devenir les principaux critères de progression professionnelle. « Aucun agent ne doit être oublié faute d’appui », a insisté le chef de l’État.
Le véritable enjeu sera désormais de connaître l’ampleur exacte des anomalies révélées par l’audit. La publication du nombre de dossiers examinés, de la typologie des irrégularités, du nombre d’abandons de poste et de leur incidence financière permettrait de mesurer la portée budgétaire du phénomène. À ce stade, le discours présidentiel établit surtout un constat : sur le périmètre déjà contrôlé, près de six dossiers sur dix nécessitent encore une décision de l’administration.














