Gabon : face au poids de la dette, le FMI alerte sur les risques pesant sur les investissements publics

Le poids du service de la dette pourrait compliquer le financement des investissements publics au Gabon, alors que le pays cherche à accélérer sa transformation économique. Dans une déclaration conjointe publiée le 14 octobre 2026, à Bangkok, le Fonds monétaire international (FMI) et le Groupe des gouverneurs africains avertissent que « les coûts du service de la dette absorbent des ressources déjà limitées, et la baisse de l’aide extérieure restreint davantage les dépenses de développement ». Un constat particulièrement sensible pour Libreville, engagé dans un programme d’investissements ambitieux malgré des contraintes budgétaires persistantes.

Au Gabon, l’audit des engagements financiers de l’État a établi à 9 524,6 milliards fcfa le montant de la dette et des autres sommes exigibles à fin 2025, soit 68,91 % du PIB rebasé. Cette situation impose au gouvernement de concilier le règlement de ses obligations financières avec la poursuite des investissements nécessaires à la diversification économique. Le FMI et les gouverneurs africains reconnaissent que « le poids du service de la dette, la baisse de l’aide et le coût élevé du financement sur les marchés freinent les dépenses de développement et les investissements visant à renforcer la résilience face au changement climatique ».

Cette pression se retrouve dans les prévisions budgétaires gabonaises pour 2027. Le gouvernement anticipe 667,3 milliards fcfa de charges financières de la dette, contre 1 058,4 milliards fcfa consacrés aux investissements publics. Les seules charges financières représentent ainsi près des deux tiers de l’enveloppe prévue pour l’investissement, sans compter les remboursements du principal. Une configuration qui souligne le poids des engagements financiers dans les arbitrages de l’État, au moment où Libreville prévoit de développer ses infrastructures énergétiques, routières et industrielles.

Les difficultés gabonaises s’inscrivent dans une situation régionale préoccupante. Au Congo, le FMI estimait la dette publique à 97,2 % du PIB fin 2025, tandis que le Cameroun demeure exposé à un risque élevé de surendettement selon l’institution. Dans son Baromètre économique de l’été 2026, la Banque mondiale soulignait également que la dette publique restait élevée dans plusieurs pays de la CEMAC, réduisant leurs marges budgétaires. Ces contraintes limitent les possibilités d’investissement dans des économies qui doivent simultanément moderniser leurs infrastructures et soutenir l’emploi.

Face à ces pressions, le FMI et les gouverneurs africains recommandent de renforcer les recettes nationales et d’améliorer la gestion des dépenses publiques. « Des régimes fiscaux modernes, efficients et équitables devraient permettre d’élargir la base de recettes et d’améliorer le civisme fiscal », indiquent-ils. Pour le Gabon, cette orientation rejoint les réformes engagées dans la mobilisation des recettes hors pétrole et l’encadrement des avantages fiscaux. Les deux parties rappellent néanmoins que « la poursuite du soutien international, sous forme de financements abordables et d’expertise technique, restera essentielle » pour préserver les investissements de développement.

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