Lambert Mouvinde Millot fait son entrée au gouvernement à la tête du ministère des Travaux publics et de la Construction. Il succède à Edgard Moukoumbi, transféré à l’Intérieur, à la Sécurité et à la Décentralisation. Cette nomination intervient alors que les dépenses d’investissement prévues dans le budget 2027 enregistrent une contraction par rapport aux crédits inscrits pour 2026. Le nouveau ministre connaît déjà ce département : ancien directeur général de l’Entretien des routes et des aérodromes (DGERA), il avait été nommé conseiller technique au cabinet du ministère des Travaux publics en août 2025. Son parcours comprend notamment le suivi de la maintenance routière et des subdivisions provinciales des Travaux publics.
Selon le projet de loi de finances adopté en Conseil des ministres le 18 septembre, l’État prévoit de consacrer 1 058,4 milliards fcfa aux investissements en 2027, contre 1 169,1 milliards dans le collectif budgétaire 2026. La réduction atteint 110,7 milliards fcfa, soit environ 9,5 %. Cette évolution concerne l’enveloppe globale d’investissement de l’État et non le seul ministère des Travaux publics. Le projet budgétaire prévoit parallèlement 20,8 milliards fcfa pour un nouveau compte d’affectation spéciale consacré à la Promotion et au Développement urbain. Il intègre également des dépenses liées au remboursement du financement des travaux d’aménagement de la route Alémbé-Mikouyi.
Sur les 1 058,4 milliards fcfa programmés, 287,3 milliards correspondent à des financements extérieurs. Le nouveau ministre prend ainsi ses fonctions dans un environnement où l’exécution des investissements dépend à la fois des ressources budgétaires et de la mobilisation des financements liés aux projets. Les travaux interministériels du 23 septembre consacrés au PNCD ont par ailleurs relevé un taux réel d’exécution budgétaire estimé à 30 % sur quinze ans. Les experts ont également identifié un calendrier effectif d’exécution réduit à six mois, ainsi que des difficultés de coordination entre administrations. Ces contraintes concernent directement la préparation et la réalisation des chantiers publics.
La nouvelle équipe maintient Ulrich Manfoumbi Manfoumbi aux Transports, à la Marine marchande et à la Logistique. Mays Mouissi conserve le Logement, l’Habitat, l’Urbanisme et le Cadastre. Lambert Mouvinde Millot devra donc conduire les dossiers relevant des travaux publics dans une organisation où les infrastructures de transport et l’habitat demeurent répartis entre plusieurs départements ministériels. Au 8 octobre, le ministère du Logement suivait 8 532 logements, dont 2 249 en construction. De nouveaux programmes immobiliers étaient également en préparation dans l’Ogooué-Maritime, la Nyanga et la Ngounié.
Cette configuration intervient dans le cadre du PNCD 2026-2030, dont le financement public est évalué à 10 000 milliards fcfa sur cinq ans. L’enveloppe d’investissement prévue pour 2027 représente un peu plus de la moitié des 2 000 milliards fcfa annuels correspondant à cet objectif quinquennal. Le nouveau responsable des Travaux publics prend également ses fonctions alors que l’État prévoit 30 milliards fcfa d’investissements à Port-Gentil, mobilisés notamment auprès de Perenco et TotalEnergies. Ce programme comprend la réhabilitation des voiries urbaines et la modernisation de la ville. Un dispositif de péage sur l’axe Port-Gentil–Omboué a aussi été annoncé pour financer l’entretien de cette route.






