Le remaniement du 11 octobre 2026 modifie les attributions de Marc Abeghe au sein du ministère de l’Économie et des Finances. Jusqu’ici ministre délégué chargé du Budget, il devient ministre délégué chargé de la lutte contre la vie chère, toujours auprès de Thierry Minko. Le changement intervient alors que le gouvernement prépare un budget 2027 de 6 223,1 milliards fcfa. Le poste de ministre délégué au Budget avait été institué lors de la formation de l’équipe gouvernementale du 1er janvier 2026. Neuf mois plus tard, l’intitulé budgétaire disparaît de ses attributions, tandis que le périmètre général du ministère de Thierry Minko reste inchangé.
La nouvelle dénomination marque une évolution par rapport au gouvernement du 1er janvier, dans lequel Marc Abeghe exerçait des fonctions explicitement budgétaires. Thierry Minko conserve pour sa part l’Économie, les Finances, la Dette et les Participations, avec la lutte contre la vie chère également inscrite dans l’intitulé de son ministère. Cette réorganisation intervient dans un contexte de hausse attendue des prix. Le cadrage macroéconomique du projet de loi de finances 2027 retient un taux d’inflation de 2,6 %, contre 1,4 % en 2026. Les projections reposent également sur une croissance économique de 4,5 %, dont 4,6 % pour les activités hors pétrole.
Le changement intervient après une crise majeure de l’approvisionnement en carburant. Au Conseil des ministres du 8 octobre, le président Oligui Nguema a indiqué que la facture du mécanisme de stabilisation des prix à la pompe avait atteint 30 milliards fcfa en septembre 2026. Elle représentait auparavant entre 7 et 9 milliards fcfa mensuels avant la guerre en Ukraine, puis avait atteint 15 milliards pendant la récente crise. Le gouvernement a été chargé d’examiner un allègement progressif de cette dépense. La présidence a également demandé le renforcement des stocks de sécurité et la préparation des études pour une nouvelle raffinerie.
Le projet de budget prévoit parallèlement 1 761,2 milliards fcfa de recettes hors pétrole en 2027 et 1 013,2 milliards de recettes pétrolières. Les charges financières de la dette atteindraient 667,3 milliards fcfa. Le gouvernement entend également encadrer davantage les exonérations fiscales et douanières en instaurant un plancher de TVA de 5 % pour les avantages conventionnels concernés. Cette orientation prolonge la décision du 8 septembre de suspendre les exonérations dérogatoires après l’identification d’un manque à gagner de 283,277 milliards fcfa sur les sept premiers mois de 2026. Les Douanes représentaient 209,239 milliards de cette somme, contre 74,038 milliards pour les services fiscaux.
La nouvelle organisation répartit désormais les questions commerciales et industrielles sous l’autorité d’Emmanuel Eyeghe Nze, tandis que Marc Abeghe est chargé de la lutte contre la vie chère auprès de Thierry Minko. La politique des prix implique ainsi deux périmètres ministériels distincts : celui du Commerce et celui des Finances. Elle intervient également alors que l’État poursuit le remboursement des épargnants de La Poste SA. Au 8 octobre, 19 515 dossiers avaient été vérifiés dans le cadre de la première tranche, sur un fichier initial de 60 361 épargnants. Le Trésor public avait émis 18 972 bons de caisse, dont 16 965 déjà remis aux bénéficiaires.













