Attirer des investisseurs ne suffit plus. Encore faut-il les retenir, sécuriser leurs activités et les inciter à réinvestir. C’est tout l’enjeu de la participation de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI-Gabon) au 9ᵉ atelier de renforcement des capacités du Réseau international des agences francophones de promotion des investissements (RIAFPI), organisé les 15 et 16 octobre 2026 à Dakar, au Sénégal.
Placée sous le thème « Réinventer l’Aftercare : de la rétention au réinvestissement stratégique », cette rencontre, organisée avec l’APIX-S.A. et l’implication de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), marque une évolution dans les politiques d’attractivité. Désormais, la performance d’une agence ne se mesure plus uniquement aux capitaux attirés, mais également à sa capacité à transformer les investissements existants en nouvelles activités économiques.
Fidéliser les investisseurs pour stimuler la croissance
Pour le Gabon, cette approche présente un intérêt stratégique. Dans une économie engagée dans la diversification de ses activités productives, accompagner les entreprises déjà implantées peut favoriser l’extension des capacités industrielles, la création d’emplois et l’élargissement de l’assiette fiscale. À court terme, l’enjeu consiste surtout à identifier les obstacles administratifs, réglementaires et opérationnels susceptibles de freiner les investissements.

À moyen terme, l’ANPI-Gabon pourrait tirer parti des outils de gestion de la relation investisseur (CRM) pour anticiper les risques de désinvestissement et améliorer la coordination entre administrations. L’intégration des PME gabonaises dans les chaînes d’approvisionnement des grandes entreprises constitue également une opportunité de renforcer le contenu local et les transferts de compétences.
De la formation aux résultats économiques
Cette orientation répond à une concurrence internationale croissante entre destinations d’investissement. Dans l’espace francophone africain, la qualité du suivi des entreprises devient un facteur de différenciation. Mais les risques demeurent : lourdeurs administratives, insuffisance des infrastructures, difficultés d’accès au financement et faible compétitivité de certains fournisseurs locaux peuvent limiter les retombées attendues.
Les travaux de Dakar doivent déboucher sur trois outils communs : un canevas de manuel de procédures Aftercare, un répertoire de référents spécialisés et une charte professionnelle. À long terme, leur appropriation pourrait contribuer à institutionnaliser le suivi des investisseurs au Gabon. Reste une question déterminante : l’ANPI parviendra-t-elle à convertir ces nouvelles compétences en réinvestissements mesurables, en emplois durables et en valeur ajoutée locale ? C’est sur ces résultats que se jugera l’efficacité de cette démarche.













