Le programme « Éducation populaire » figure parmi les plus fortes réductions budgétaires du projet de loi de finances 2027. Ses crédits passeraient de 10,8 milliards de fcfa dans la loi de finances rectificative 2026 à seulement 1,7 milliard l’année suivante. La diminution atteint 9,1 milliards, soit 84 %. Cet ajustement intervient alors que l’État cherche à maîtriser ses dépenses courantes, mais son ampleur pose la question de la réorganisation du programme et des activités qui resteraient financées pendant l’exercice 2027.
L’essentiel de cette contraction concerne les dépenses de personnel, qui seraient ramenées de 9,4 milliards à 342 millions de fcfa. La baisse atteint 9,06 milliards, soit plus de 96 % des crédits de rémunération précédemment inscrits. Cette évolution explique pratiquement toute la diminution du programme. Les dépenses de biens et services progresseraient légèrement, de 41,5 à 50 millions, tandis que les transferts resteraient fixés à 2,5 millions. Les investissements seraient maintenus à 1,32 milliard de fcfa.
Une masse salariale presque supprimée, des investissements maintenus
La structure budgétaire serait donc profondément modifiée. En 2026, les dépenses de personnel représentaient environ 87 % du budget de l’éducation populaire. En 2027, elles n’en représenteraient plus que 20 %, tandis que les investissements concentreraient près de 77 % des crédits. Une telle transformation ne peut être interprétée sans examiner les changements éventuels de périmètre administratif, les transferts d’effectifs ou les modifications du classement des rémunérations.
Le PLF ne précise pas, dans les tableaux du programme, le nombre d’agents dont les rémunérations seraient transférées vers d’autres structures, ni les fonctions administratives ou opérationnelles concernées. La réduction de plus de 9 milliards de fcfa peut correspondre à une réorganisation budgétaire sans suppression équivalente des activités. Elle pourrait également modifier les moyens humains directement rattachés au programme. Les deux hypothèses doivent être examinées à partir des effectifs de 2026 et de leur répartition prévue pour 2027.
Le gouvernement devra donc expliquer comment les missions d’éducation populaire seront assurées avec 342 millions de fcfa de crédits de personnel, contre 9,4 milliards auparavant. Les investissements de 1,32 milliard restant inchangés, la question porte principalement sur les ressources humaines chargées d’exécuter les activités du programme. L’identification des agents concernés, des structures de rattachement et des dépenses salariales éventuellement transférées permettra de vérifier si cette diminution de 84 % correspond à une économie réelle pour l’État ou à un reclassement budgétaire.













