Le communiqué du 1er juillet 2026 ne fournit aucune donnée sur les volumes attendus ni sur la recette globale espérée de l’opération de distribution encadrée par les Forces de Défense et de Sécurité. A défaut de chiffres officiels, un exercice d’estimation, à prendre avec toutes les précautions méthodologiques nécessaires, permet néanmoins de mesurer l’ordre de grandeur de cette manne potentielle.
Le Grand Libreville compte environ 900.000 à 1 million d’habitants, avec une consommation domestique généralement estimée entre 20 et 40 litres par personne et par jour en situation de rationnement, contre 80 à 100 litres en temps normal. En retenant une hypothèse basse de 25 litres par jour et par habitant pour une population affectée d’environ 500.000 personnes (une fraction du Grand Libreville, en excluant les zones déjà partiellement approvisionnées), le besoin quotidien s’élèverait à environ 12.500 m³, soit l’équivalent de 12.500 cubitainers vendus au tarif officiel de 3.000 de fcfa.
Sur cette base, la recette théorique quotidienne atteindrait environ 37,5 millions de fcfa, soit près de 1,1 milliard de fcfa sur un mois d’état d’urgence hydrique. Si l’on retient une hypothèse plus large incluant les fûts de 200 litres et les petites livraisons de 100 litres à des volumes proportionnels, ce montant pourrait varier significativement à la hausse ou à la baisse selon la répartition réelle des formats de livraison, qu’aucune donnée publique ne permet pour l’heure de vérifier.
Cette estimation reste par construction fragile : elle repose sur des hypothèses de population affectée, de consommation moyenne et de taux de couverture effective du dispositif militaire, aucune de ces variables n’étant précisée par le gouvernement. Elle a toutefois le mérite de situer l’ordre de grandeur du sujet, entre plusieurs centaines de millions et plus d’un milliard de fcfa sur la durée de l’état d’urgence, un montant suffisamment significatif pour justifier, seul, la mise en place d’un mécanisme de traçabilité publique des fonds collectés.
Sans publication de données de volumes ni de recettes réelles par les autorités actuelles, cet exercice restera un exercice de simulation. Il pointe néanmoins vers une question que Sika Finance continuera de suivre : la nécessité d’un reporting régulier, même sommaire, sur les montants effectivement perçus dans le cadre de cette opération exceptionnelle.














