Le RNDH-2026 décrit, sans détour, un écosystème public de financement de l’entrepreneuriat éclaté entre au moins quatre structures aux logiques différentes : l’ANPI pour la formalisation du dossier, le PNPE pour l’insertion professionnelle, la BCEG pour l’étude de crédit, et la SGG (Société de Garantie du Gabon, adossée au FGIS) pour la garantie bancaire, auquel on pourrait ajouter Okoumé Capital. Le rapport résume la situation vécue par le jeune porteur de projet en une formule directe : il « se perd » entre ces quatre guichets, chacun avec ses propres critères d’éligibilité et son propre format de business plan.
Ce cloisonnement institutionnel n’est pas un simple irritant administratif, il a un coût direct sur l’accès au financement. Le rapport rappelle que 55% des jeunes citent l’accès au crédit comme premier obstacle à leur activité, loin devant la peur de l’échec (14%) ou le manque de compétences en gestion (12%). Une partie de ce blocage tient précisément à l’absence de circulation de l’information entre les institutions censées, ensemble, financer un même projet.
Pour y remédier, le rapport propose la création d’un guichet unique de financement sous forme de plateforme numérique intégrée : un dossier déposé à l’ANPI serait transmis automatiquement à la BCEG pour étude de financement et à la SGG pour la garantie, sur la base d’un format standardisé baptisé « Gabon 2050 ». Le rapport recommande également une spécialisation plus nette des rôles, la BCEG devenant « banque de l’innovation » pour l’agro-industrie et la troisième transformation du bois, pendant que le FGIS se concentrerait sur la prise de participation en capital-risque.
Sur ce point précis de la gouvernance interinstitutionnelle, la commande publique gabonaise offre un précédent instructif. L’Assemblée nationale a elle-même recommandé, en décembre 2024, la mise en place d’un « guichet unique mensuel » réunissant toutes les parties prenantes des marchés publics pour accélérer la validation des conventions, un constat quasi identique à celui du RNDH sur le financement de l’entrepreneuriat. Ce parallèle suggère que le problème de coordination entre institutions publiques gabonaises dépasse le seul champ du financement des jeunes entrepreneurs, et qu’une réforme isolée du seul écosystème FGIS/SGG/BCEG/ANPI/PNPE, sans refonte de l’interopérabilité administrative de l’État, risquerait de reproduire les mêmes blocages sous une autre appellation.














