La loi de finances 2026 a introduit une contribution de 9% appliquée aux factures d’électricité, destinée à financer la salubrité et les infrastructures urbaines. Le Pacte National de l’Énergie le confirme noir sur blanc : cette contribution ne modifie pas la structure tarifaire du secteur électrique et n’est affectée à aucune mesure de redressement de la SEEG, alors même que l’entreprise ne recouvre que 60,5% de ses factures et traverse une crise de gouvernance documentée par ce même rapport.
Le document gouvernemental reconnaît lui-même le risque de confusion qu’engendre cette mesure. Il indique que cette contribution alourdit le montant final payé par les ménages et pourrait, à terme, influencer la perception d’une hausse des coûts de l’électricité, sans pour autant améliorer la viabilité financière du service énergétique. Autrement dit, le consommateur paiera davantage sur sa facture d’électricité, sans que ce supplément ne serve à réduire les pertes techniques, à moderniser le réseau ou à apurer la dette de l’opérateur.
Cette contribution s’ajoute à un tarif déjà gelé par décision gouvernementale depuis octobre 2018. Avant cette date, l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau et de l’Électricité (ARSEE) suivait l’évolution des tarifs via une formule indexée sur l’inflation, le prix du gaz et celui du gasoil. Depuis, les tarifs sont fixés et révisés par voie réglementaire, l’ARSEE n’étant plus l’organe décisionnel final en la matière, un point que le document présente sans détailler qui, concrètement, arbitre ces décisions.
Le flou sur l’affectation de cette contribution de 9% intervient alors que le secteur porte déjà un lourd fardeau de subventions publiques, notamment les 30 milliards de fcfa annuels consacrés à la stabilisation du prix du gaz domestique. Le Gouvernement affirme examiner différentes options pour améliorer l’efficacité et le ciblage de ces subventions, sans donner de calendrier précis, alors qu’une nouvelle ligne de prélèvement, elle, est déjà effective sur les factures des usagers.
Le Pacte annonce une trajectoire tarifaire graduelle d’ici 2030, accompagnée de mesures de communication pour expliquer aux usagers les objectifs de la réforme et les mécanismes de ciblage des subventions. Reste à savoir si cette communication ira jusqu’à clarifier pourquoi une taxe prélevée sur la facture d’électricité finance un poste budgétaire qui n’a, sur le papier, rien à voir avec l’électricité.














