Le « climat électrique » décrit par certains titres de presse lors de la session budgétaire du 9 avril cache une réalité comptable que la mairie de Libreville assume avec fierté : celle d’un budget de vérité. Face aux critiques sur un prétendu « manque de réalisme », la municipalité répond par une note de cadrage (n°000441) qui place la souveraineté financière au cœur des priorités. Selon une source proche du dossier jointe par notre rédaction, « présenter un budget de 30,7 milliards de fcfa n’est pas un acte d’insincérité, mais un acte de courage face à un endettement critique hérité de décennies de gestion approximative ».
L’augmentation des charges de personnel, brandie par certains comme une « dérive budgétaire », est en réalité le reflet d’une régularisation nécessaire. « Il s’agit d’intégrer des agents qui travaillaient dans l’ombre sans statut réel et de sécuriser les carrières, tout en poursuivant l’audit pour éliminer les doublons », explique notre source interne. Contrairement aux affirmations évoquant une « explosion vertigineuse » des frais de cabinet, la Mairie souligne que chaque nomination répond à une nécessité de « commando » pour redresser les services techniques moribonds.
Le plafonnement des budgets d’arrondissements à 70 millions de fcfa, qualifié de « dérisoire » par certains élus, est une mesure de sauvegarde contre le gaspillage. « On ne peut plus distribuer des fonds sans mécanismes de contrôle stricts », martèle notre source, précisant que cette centralisation permet de mutualiser les investissements lourds, comme l’éclairage public et la gestion des déchets, au profit de toute la capitale. C’est cette volonté de rompre avec le « saupoudrage » clientéliste qui semble irriter les détracteurs de l’édile.
Quant aux recettes prétendument « occultées », la mairie dénonce une manipulation des faits. La digitalisation du recouvrement, bien que dotée d’un budget d’amorçage, est la priorité absolue pour briser la dépendance aux ristournes fiscales de l’État (67% des recettes actuelles). « Ceux qui s’étonnent de la disparition de certaines rubriques d’amendes sont souvent ceux qui craignent la traçabilité numérique qui mettra fin aux arrangements de gré à gré », glisse malicieusement un cadre de l’Hôtel de Ville.
En s’alignant sur la vision de gestion exemplaire prônée par le nouveau gouvernement, Pierre Matthieu Obame Etoughe choisit la thérapie de choc plutôt que le placebo budgétaire. Ce bras de fer avec le Conseil municipal n’est pas le signe d’une faiblesse, mais celui d’une institution qui refuse désormais de « maquiller » ses comptes pour acheter la paix sociale des élus. La modernisation a un prix, et le Maire de Libreville semble prêt à le payer pour protéger les deniers des Librevillois.














