Le quartier Sogares, à Port-Gentil, peine encore à croire au scénario tragique qui s’y est joué en plein après-midi du 1er mai dernier. Ce jour-là, Guy Jacques Mboumba, un sexagénaire bien connu des habitants du secteur, aurait perdu la vie après une altercation avec des militaires. Une affaire aussi brutale que troublante, qui a conduit à l’interpellation de plusieurs hommes en uniforme, rapporte le quotidien L’union.
Selon les témoignages recueillis, tout aurait commencé au carrefour Sogares. Trois militaires y stationnaient lorsqu’ils auraient aperçu Guy Jacques Mboumba s’avancer dans leur direction, une bouteille coincée sous le bras. L’homme parlait à voix haute. Était-il ivre ? Beaucoup dans le quartier le décrivent comme un habitué de l’alcool. Mais personne n’imaginait que cette scène banale de rue allait virer au drame.
Une gifle fatale en pleine rue
Un témoin raconte qu’un des militaires aurait intimé au sexagénaire de se taire. Mais ce dernier aurait continué à parler. L’échange aurait alors brusquement dégénéré. L’homme en treillis lui aurait asséné une violente gifle. Le choc aurait été si brutal que la victime serait tombée en arrière, heurtant violemment la nuque contre le sol avant de perdre connaissance.
Pendant quelques instants, Guy Jacques Mboumba serait resté inerte sous les regards des personnes présentes. Pris de panique ou cherchant simplement à le ranimer, les militaires l’auraient aspergé d’eau recueillie dans un seau avant de le faire asseoir. Le sexagénaire saignait du nez, mais les soldats auraient finalement quitté les lieux, laissant derrière eux un homme visiblement affaibli.
Des heures d’agonie dans l’indifférence
Le plus glaçant dans cette affaire reste sans doute la longue attente avant l’arrivée des secours. Les faits se seraient déroulés vers 16 heures, mais ce n’est qu’aux alentours de 20 heures que des proches, alertés, seraient venus lui porter assistance. Entre-temps, plusieurs riverains l’auraient aperçu assis dans un coin sombre, la tête baissée entre les genoux.
“J’ai pensé qu’il avait encore bu”, confie un habitant du quartier à nos confrères. Une confusion qui aurait retardé la prise en charge du sexagénaire. Dans ces rues populaires de Port-Gentil, voir un homme alcoolisé somnoler sur le trottoir n’éveille plus forcément l’inquiétude. Pourtant, Guy Jacques Mboumba souffrait déjà probablement de graves lésions internes.
Une enquête ouverte après le décès
Ramené à son domicile de Ntchéngué-Production, l’état de la victime se serait rapidement aggravé. Des proches affirment qu’il rejetait un liquide sombre et épais par la bouche. À l’aube, il a finalement été transporté au Centre hospitalier régional de Port-Gentil où les médecins n’ont pu que constater son décès.
Dans sa chambre, des vêtements et des papiers souillés de sang auraient été retrouvés, renforçant l’hypothèse d’une hémorragie interne. Face à l’émotion grandissante dans le quartier, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête. Celle-ci a conduit à l’identification puis à l’interpellation des militaires suspectés d’être impliqués dans cette agression mortelle qui choque aujourd’hui toute la capitale économique gabonaise.














