‎Salaires, fiscalité, investissements : le Gabon semble déjà en phase avec les recommandations du FMI

‎Alors que les discussions se poursuivent avec le Fonds monétaire international (FMI) et qu’aucun programme n’a encore été signé, Libreville semble avoir anticipé plusieurs réformes que l’institution de Bretton Woods juge indispensables, entre réformes fiscales,  maîtrise de la masse salariale, priorités d’investissement.

‎‎Depuis plusieurs mois, le Gabon échange avec le FMI en vue d’un programme économique. Si le gouvernement a d’abord voulu clarifier l’état de la dette, réévaluée mi‑septembre à moins de 70 % du PIB,  un autre mouvement, moins visible, s’est enclenché : l’alignement progressif sur les réformes que le Fonds considère comme préalables à tout accord de prêt.

‎‎La réunion du 23 septembre dernier entre la délégation du FMI et le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, confirme cette dynamique. À l’issue de deux semaines de mission, l’institution a formulé ses recommandations : remise à plat des exonérations fiscales, maîtrise de la masse salariale publique, recentrage des investissements sur les priorités du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Autant dire, de chantiers déjà ouverts par les autorités de la Ve République.

‎‎La fin des avancements automatiques, portée par Laurence Ndong, en est un premier exemple. De nombreux observateurs y ont vu un moyen de contenir une masse salariale qui progressait mécaniquement tous les deux ans, même sans hausse des effectifs.

‎‎Même logique pour la suspension des exonérations fiscales et douanières, décidée en ce mois de septembre par le ministère des Finances, et que réclame également le FMI.

‎‎Quant au recentrage des politiques publiques sur le PNCD, il a été réaffirmé le week‑end dernier à la tribune de l’ONU par la ministre des Affaires étrangères, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, qui conduisait la délégation gabonaise.

‎‎Sans le crier, le Gabon semble donc déjà entré dans l’orbite du FMI, qui reste avant tout,  il faut le dire, un conseiller financier des États, même si les contreparties de ses prêts suscitent régulièrement des critiques, notamment en raison de leurs effets sociaux.

‎‎Libreville a officiellement sollicité l’accompagnement du Fonds en mars dernier. Pour les investisseurs et les agences de notation, ce programme est crucial pour son équilibre macroéconomique. Il conditionne sa capacité à honorer certaines obligations, notamment la dette.

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