Gabon : le chiffre de 9 524,6 milliards fcfa suffira-t-il à ouvrir la voie à un nouveau programme avec le FMI ?

En ramenant son stock consolidé de dette et de passifs exigibles à 9 524,643 milliards fcfa, Libreville a levé une partie de l’incertitude qui entourait ses engagements publics. Le montant retenu à fin décembre 2025 est inférieur de 2 175,357 milliards fcfa, soit 18,6 %, à l’estimation proche de 11 700 milliards utilisée au lancement de l’audit. Le rapport a été transmis au FMI, qui avait lui-même présenté cet exercice comme une étape importante pour préparer un futur programme.

Le nouveau chiffre améliore mécaniquement certains indicateurs. Avec un PIB nominal 2025 réévalué à 13 822 milliards fcfa, le ratio correspondant ressort à 68,91 %, sous la limite communautaire de 70 %. Mais cet ajustement ne résulte pas d’un remboursement de 2 175 milliards fcfa. Le ministère de l’Économie explique l’écart par les travaux de vérification, de correction, de consolidation et de reclassement effectués durant l’audit. La baisse du stock statistique ne doit donc pas être assimilée à un allègement équivalent des échéances de trésorerie.

Les données budgétaires 2027 illustrent cette différence. Malgré la révision du stock, les intérêts doivent atteindre 667,3 milliards fcfa, contre 487,6 milliards en 2026. Les remboursements du principal sont budgétés à 1 880 milliards fcfa et 142,9 milliards supplémentaires doivent servir à apurer des arriérés. Intérêts, amortissements et apurement représentent ainsi près de 2 690 milliards fcfa sur l’exercice, même si ces catégories n’ont pas toutes le même traitement budgétaire.

C’est pourquoi le FMI ne s’est pas limité à prendre acte du résultat de l’audit. Son communiqué du 26 septembre annonce la poursuite de discussions sur « l’évolution de la situation budgétaire et de la dette publique » et sur les perspectives économiques. Ces travaux sont explicitement présentés comme une étape préalable destinée à « ouvrir la voie » aux discussions sur le programme. Aucun accord financier ni calendrier de conclusion n’a encore été annoncé.

Le 9 524,6 milliards fcfa constitue donc une nouvelle base de référence, mais le futur programme dépendra également de la trajectoire des recettes, des dépenses, des remboursements et des nouveaux emprunts. Le Gabon avait formellement demandé un programme au FMI en mars, et le gouvernement inscrit déjà dans son projet de budget 2027 la conclusion d’un programme de réformes avec ses partenaires financiers. La réponse à la question ne dépend donc plus seulement du niveau comptable de la dette, mais de la cohérence de l’ensemble de la trajectoire budgétaire qui sera présentée au Fonds.

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