France-Afrique : l’égalité diplomatique à l’épreuve des actes

« Le temps des déclarations doit céder la place aux réalisations. » Dans une tribune publiée sur Globe Infos, Dr Emmanuel Thierry Koumba, universitaire en sciences de l’information et de la communication, enseignant à l’Université Omar-Bongo et à EM-Gabon, pose une exigence politique : juger le partenariat franco-africain sur ses effets pour les populations.

Après le sommet Africa Forward, organisé à Nairobi les 11 et 12 mai 2026 par la France et le Kenya, cette réflexion interroge la portée du renouvellement annoncé. L’égalité entre partenaires suppose davantage qu’un changement de vocabulaire : elle exige que les pays africains puissent définir leurs priorités, négocier les contrats et maîtriser les compétences acquises.

L’autonomie se construit dans les contrats

Pour Dr Emmanuel Thierry Koumba, « la coopération franco-africaine doit produire davantage de capacités et de valeur ajoutée ». Au Gabon, cette ambition concerne le bois, l’agriculture et le numérique. Transformer les ressources sur place, former des techniciens et associer les entreprises nationales permettraient de donner un contenu concret à la souveraineté économique.

L’enjeu est aussi celui du pouvoir de décision. Si les financements arrivent sans transfert de savoir-faire ni appropriation locale, la dépendance peut survivre au discours sur l’égalité. À l’inverse, des projets conçus avec les collectivités, les universités et les entrepreneurs peuvent renforcer la capacité des sociétés africaines à choisir leur développement. Cette responsabilité engage également les gouvernants africains dans leurs arbitrages.

Rendre les engagements vérifiables

L’universitaire défend ainsi une évaluation fondée sur les emplois créés, les formations dispensées, les technologies transférées et la production locale. Ces indicateurs devraient être publics, accompagnés d’un examen des conséquences sociales et environnementales. Ils donneraient aux citoyens des moyens de contrôle au-delà des communiqués officiels.

« La communication institutionnelle n’a de portée durable que si elle rend les engagements vérifiables », souligne Dr Emmanuel Thierry Koumba. Les médias ont un rôle décisif : confronter les promesses aux réalisations et identifier les bénéficiaires des projets. Le véritable test du partenariat sera donc politique autant qu’économique : permettre aux pays africains de produire davantage, mais aussi de décider davantage de leur avenir.

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