Le naufrage de la plateforme Prospector 5 pourrait affecter le calendrier des investissements pétroliers de BW Energy sur le permis Dussafu Marine. La compagnie norvégienne préparait une nouvelle campagne de forage destinée à soutenir le développement de MaBoMo, dont la deuxième phase prévoit une capacité additionnelle pouvant atteindre 20 000 barils par jour en pointe. Le démarrage de cette phase était attendu au premier trimestre 2027. La perte de l’équipement mobilisé pour ces opérations introduit une incertitude sur la réalisation de ce calendrier, sans qu’un report ait été officiellement annoncé.
L’accident touche une infrastructure appartenant à Borr Drilling, prestataire chargé des opérations de forage. Les conséquences financières devront donc être distinguées entre le propriétaire de la plateforme, l’opérateur du permis et ses partenaires. Les modalités d’assurance, les responsabilités contractuelles, les éventuelles pénalités et le coût de remplacement de l’équipement détermineront une partie de l’exposition financière. Aucun montant de pertes n’a encore été publié par les entreprises concernées.
Pour BW Energy, cet incident survient après un recul de sa production nette sur Dussafu, passée d’environ 20 000 barils par jour au troisième trimestre 2025 à 16 800 barils par jour au troisième trimestre 2026, soit une contraction de 16 %. L’entreprise comptait notamment sur ses nouveaux forages pour soutenir les volumes extraits. Le remplacement de Prospector 5, si nécessaire pour poursuivre la campagne, pourrait entraîner une réorganisation du programme technique et des dépenses supplémentaires.
Les enjeux concernent également les ressources récemment identifiées dans la zone de North-West Hibiscus. BW Energy a fait état d’un potentiel récupérable de 8 à 9 millions de barils, susceptible d’alimenter de futurs développements. À un prix indicatif de 70 dollars le baril, ces volumes représentent une valeur brute théorique comprise entre 560 et 630 millions de dollars. Il ne s’agit toutefois ni de recettes garanties ni d’une estimation des pertes liées au naufrage. Leur valorisation dépendra des investissements nécessaires, des volumes effectivement récupérés et des conditions de commercialisation.
Pour le Gabon, l’incidence budgétaire dépendra des quantités de pétrole dont la commercialisation serait éventuellement retardée. Les recettes de l’État sont liées aux volumes produits et vendus, aux prix du brut et aux dispositions contractuelles et fiscales du permis. La durée de l’arrêt de MaBoMo, le calendrier des nouveaux forages et les éventuelles révisions des prévisions de production permettront de mesurer l’impact économique. En l’absence de ces données, aucun manque à gagner précis ne peut encore être attribué au naufrage.













