Le projet de loi de finances 2027 prévoit de renforcer de 83 % les crédits consacrés à la programmation du développement, tandis que ceux du développement rural diminueraient de 39 %. Le premier programme bénéficierait de 93,6 milliards de fcfa, contre 51,2 milliards en 2026, soit une augmentation de 42,3 milliards. Le second verrait son enveloppe passer de 5,9 à 3,6 milliards de fcfa, avec 2,3 milliards retirés. Ce contraste mérite une attention particulière dans un pays qui souhaite accélérer la diversification économique et renforcer la production agricole nationale.
La progression du programme « Programmation du Développement » proviendrait principalement des investissements. Ces derniers augmenteraient de 46,2 à 87,6 milliards de fcfa, soit 41,4 milliards supplémentaires. Les dépenses de biens et services progresseraient de près d’un milliard, tandis que les charges de personnel diminueraient légèrement. Le gouvernement prévoit donc de consacrer l’essentiel des moyens nouveaux à des opérations classées comme investissements. Leur nature exacte devra être établie à partir des projets et des engagements auxquels ces crédits sont rattachés.
Des investissements ruraux divisés presque par deux
Du côté du développement rural, les dépenses d’investissement reculeraient de 4,7 à 2,4 milliards de fcfa, soit une réduction de 2,2 milliards et près de 48 %. Les charges de personnel diminueraient également, tandis que les dépenses de fonctionnement progresseraient légèrement. Le recul de l’enveloppe globale s’expliquerait donc principalement par la contraction des investissements. Le PLF ne permet pas, dans cette ligne budgétaire, d’identifier les infrastructures rurales ou les projets de développement local qui seraient concernés par la réduction.
La comparaison devient particulièrement significative lorsqu’elle est replacée dans les objectifs de transformation économique du Gabon. Le développement rural mobilise notamment des investissements liés aux infrastructures de proximité, aux activités productives et à l’aménagement des territoires. La programmation du développement répond, pour sa part, à un périmètre plus large. L’augmentation de ses crédits pourrait bénéficier à plusieurs secteurs, y compris aux territoires ruraux. Il reste donc nécessaire d’identifier les projets réellement financés avant de conclure à une réorientation des investissements au détriment des zones rurales.
Le programme de programmation disposerait en 2027 d’une enveloppe près de vingt-six fois supérieure à celle du développement rural, contre un rapport inférieur à neuf en 2026. Ce changement d’échelle mérite des explications sur la destination des 87,6 milliards de fcfa d’investissements inscrits au premier programme. Le gouvernement devra notamment indiquer quelle part bénéficie aux projets productifs et aux territoires ruraux, ainsi que les raisons de la diminution des investissements directement inscrits au développement rural. La comparaison des réalisations physiques permettra de mesurer la portée économique de ces arbitrages.













