Alors que les engins s’activent sur les voiries de l’hôpital régional de l’Estuaire à Melen, une autre portion du réseau routier de ce secteur périphérique de Libreville, elle, n’a connu aucune intervention: l’axe reliant PK11 Pavé à PK12 en passant par le Camp Militaire du Bataillon de Reconnaissance et de Combat (BRC). Aucun engin, aucun signe de terrassement n’y est visible à ce jour, alors que cet itinéraire figure parmi les plus dégradés de la zone.
Cet axe n’a pourtant rien d’une simple voie de desserte locale. Il constitue une alternative de délestage régulièrement empruntée par les automobilistes, taxis et motos lorsque la route nationale, souvent saturée aux heures de pointe, se retrouve bloquée par des embouteillages. Sa dégradation progressive, nids-de-poule et ornières accumulés au fil des saisons de pluies, en a toutefois réduit l’usage aux seuls véhicules capables d’encaisser un terrain difficile, limitant de fait sa capacité à jouer pleinement son rôle de soupape en période de saturation de la nationale.
La question se pose donc naturellement: les travaux engagés à Melen, sur les abords immédiats de l’hôpital régional de l’Estuaire, préfigurent-ils une intervention plus large sur l’ensemble du réseau routier du secteur, ou resteront-ils circonscrits au seul périmètre hospitalier? Rien, pour l’heure, ne permet de l’affirmer. Aucune annonce officielle ne mentionne l’axe PK11 Pavé – BRC – PK12 dans le périmètre des travaux en cours.
L’enjeu dépasse la seule question de confort de circulation. Un axe de délestage laissé à l’abandon pendant que d’autres chantiers avancent à proximité immédiate interroge sur la cohérence de la planification urbaine dans ce secteur périphérique: doit-on comprendre que chaque tronçon fait l’objet d’un traitement isolé, au gré d’opportunités ponctuelles, plutôt que d’un plan d’ensemble pour désenclaver durablement cette partie de Libreville?














