Gabon : après un audit, l’État demande des comptes à VAALCO sur ses redevances pétrolières

Le pétrole gabonais rapporte des milliards à l’État, mais encore faut-il s’assurer que toutes les sommes dues sont correctement déclarées et versées. Le 28 octobre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu les dirigeants de la compagnie américaine VAALCO Energy, présente au Gabon depuis plus de 25 ans. Au cœur des discussions : les observations d’un audit portant notamment sur les redevances pétrolières et le respect des engagements contractuels de l’entreprise. Une procédure qui remet au premier plan la question du contrôle des revenus tirés des ressources naturelles.

Selon la Présidence de la République, des séances de travail seront organisées entre les responsables de VAALCO et une task force chargée d’examiner les activités de l’opérateur. Ces échanges devront permettre de clarifier les observations formulées lors de l’audit, particulièrement celles concernant les obligations financières et contractuelles envers l’État. Les autorités n’ont communiqué ni montant de redevances contestées ni estimation d’un éventuel manque à gagner. À ce stade, la démarche porte sur des vérifications et des clarifications.

L’enjeu dépasse le seul cas de VAALCO. Les redevances pétrolières constituent une source de revenus publics dont la collecte dépend des volumes produits, des conditions contractuelles et des mécanismes de contrôle. Une vérification rigoureuse permet de rapprocher les déclarations des compagnies, les obligations prévues par les contrats et les montants effectivement encaissés par le Trésor. Pour les finances publiques gabonaises, chaque écart identifié peut avoir des conséquences sur les recettes disponibles pour financer les dépenses de l’État.

VAALCO conserve une place importante dans l’industrie pétrolière nationale, notamment à travers ses activités sur le permis offshore d’Etame. Lors de l’audience présidentielle, ses dirigeants ont réaffirmé leur intention de poursuivre leurs investissements et de renforcer la formation des compétences locales. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, près de 90 % de ses effectifs au Gabon sont constitués de travailleurs gabonais. Le gouvernement entend désormais rapprocher ces engagements industriels des obligations fiscales et contractuelles de l’opérateur.

La prochaine étape sera celle des résultats chiffrés. Combien de redevances VAALCO devait-elle verser au titre des périodes examinées ? Quels montants ont effectivement été payés ? Les observations de l’audit conduiront-elles à des régularisations financières ou à des ajustements contractuels ? Tant que ces données ne seront pas rendues publiques, les Gabonais connaîtront l’existence du contrôle, mais pas encore ses conséquences sur les recettes pétrolières de l’État.

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