La Société commerciale gabonaise de Réassurance (SCG-Ré) a réalisé un bénéfice net de 1,4 milliard de fcfa en 2025. Derrière ce résultat positif se cache pourtant une équation plus délicate : l’activité s’est contractée tandis que le coût des sinistres s’est fortement alourdi. Pour le réassureur gabonais, la question est désormais de savoir jusqu’où sa rentabilité peut résister si cette évolution se prolonge.
Les primes acceptées ont reculé de 17 %, à 18,45 milliards de fcfa. À l’inverse, la charge des sinistres a bondi de 67 %, pour atteindre 6,68 milliards. En valeur, la SCG-Ré a ainsi dû absorber 2,67 milliards de fcfa de sinistres supplémentaires en un an. Cette détérioration s’est répercutée sur le résultat technique avant rétrocession, en baisse de 37 %, à 8,55 milliards de fcfa.
Une rentabilité qui résiste au choc
À court terme, les 1,4 milliard de fcfa de bénéfice constituent donc un indicateur de résilience. Mais la progression beaucoup plus rapide des sinistres que des revenus techniques constitue un point de surveillance. Si la tendance perdure, la société pourrait être conduite à renforcer la sélection des risques, ajuster ses conditions de couverture ou optimiser davantage sa politique de rétrocession.
L’enjeu dépasse la seule SCG-Ré. Dans un marché africain où les assureurs doivent conserver des capacités suffisantes pour couvrir entreprises, infrastructures et investissements, la solidité des réassureurs locaux participe à la sécurisation de l’économie. Une capacité de réassurance nationale et régionale plus importante permet également de limiter une partie des transferts de primes vers les grands groupes internationaux.
Le pari de la diversification internationale
La SCG-Ré dispose justement d’un autre levier : l’internationalisation. La part de son activité réalisée hors de la zone CIMA est passée de 15 % à 19 %. Cette progression peut élargir son portefeuille, diversifier ses sources de revenus et réduire sa dépendance aux marchés d’Afrique francophone.
Mais cette stratégie implique aussi de nouveaux risques : exposition à des marchés moins familiers, concurrence internationale et sinistres potentiellement plus importants. À moyen et long terme, l’enjeu sera donc moins de croître à tout prix que de sélectionner une croissance rentable. Avec 1,4 milliard de fcfa de bénéfice malgré une hausse de 67 % des sinistres, l’exercice 2025 montre que la SCG-Ré a résisté. Le véritable test sera désormais de transformer cette résistance en performance durable.













