Mine d’or d’Etéké : 82,8 milliards de fcfa d’investissement, mais le Gabon attend encore les retombées

Alors que les bénéfices du groupe minier Managem ont bondi de 24 à 237 milliards de fcfa au premier semestre 2026, le Gabon reste encore à l’écart de la phase productive de cette dynamique. À Etéké, dans la Ngounié, le projet aurifère n’est toujours pas entré en exploitation commerciale. Pour Libreville, l’enjeu dépasse désormais la mise en production : il s’agit de savoir quelle part de la richesse créée restera réellement dans l’économie nationale.

Le gisement affiche 452 000 onces de réserves probables et doit permettre une production annuelle de 60 000 onces d’or. Managem prévoit d’investir environ 138 millions de dollars, soit 82,8 milliards de fcfa, pour son développement. Mais la production commerciale est désormais ciblée au quatrième trimestre 2028, repoussant mécaniquement les recettes minières attendues.

2028, première échéance économique

À court terme, Etéké demeure donc essentiellement un projet d’investissement. En l’absence de production commerciale, aucune contribution gabonaise aux 237 milliards de fcfa de bénéfice de Managem ne peut être isolée sur la base des résultats consolidés communiqués. Les retombées doivent plutôt être recherchées dans les dépenses de développement, les contrats de sous-traitance et les emplois liés au chantier.

À moyen terme, le démarrage de la mine pourrait renforcer la diversification d’une économie gabonaise encore fortement dépendante des hydrocarbures. Dans un environnement international où l’or conserve une forte valeur stratégique, Etéké offre au pays l’occasion d’accroître le poids du secteur minier dans la création de richesse et les exportations.

Produire de l’or ne suffira pas

Le principal risque serait toutefois de reproduire un modèle extractif où l’essentiel de la valeur quitte le territoire. Fiscalité, emplois gabonais, sous-traitance, achats locaux et transfert de compétences constitueront ainsi les véritables indicateurs de performance économique du projet.

À long terme, le succès d’Etéké ne se mesurera donc pas uniquement aux 60 000 onces produites chaque année. Le véritable test sera la capacité du Gabon à convertir cette production en recettes publiques, entreprises locales plus solides, compétences nationales et emplois durables. D’ici au quatrième trimestre 2028, c’est cette promesse de valeur ajoutée locale qu’il faudra surveiller.

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