La note de conjoncture du deuxième trimestre 2026, publiée en septembre par la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale (DGEPF), confirme l’effondrement de la production électrique. L’indice de production d’électricité recule de 19,7 % au premier semestre 2026 par rapport au premier semestre 2025, et de 19,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre. L’administration ne minimise pas le choc : selon elle, « la détérioration de près de 20% du premier semestre 2026 par rapport à celui de 2025 traduit la dégradation des capacités de production d’électricité, ce qui impacte négativement l’ensemble des activités économiques du pays ».
La trajectoire trimestrielle montre une glissade continue plutôt qu’un accident isolé. L’indice affichait −1,0 % au deuxième trimestre 2025, puis +1,6 % au troisième, avant de plonger de 8,4 % au quatrième trimestre et de 13,1 % au premier trimestre 2026. Le deuxième trimestre 2026 s’achève sur −0,1 %, ce que la note qualifie de « léger sursaut ». Mais la lecture correcte est moins flatteuse : la chute a ralenti, elle ne s’est pas inversée. Le Gabon enchaîne trois trimestres consécutifs de baisse de sa production électrique.
Le contraste avec les prix est saisissant. Dans l’indice harmonisé des prix à la consommation, le poste électricité reste figé à 100,0 au premier comme au deuxième trimestre 2026, avec une variation annuelle nulle, pour une pondération de 308,3 sur 10 000. Les ménages paient donc le même tarif pour un service devenu nettement plus rare. Le coût réel de la pénurie, qu’il s’agisse de l’activité perdue ou des solutions de secours, n’apparaît dans aucun indice de prix.
Le paradoxe touche aussi le secteur bancaire. La note classe « la production et la distribution d’électricité et de gaz » en tête des cinq secteurs qui concentrent 61 % des crédits bancaires distribués. Le financement afflue donc vers une filière dont la production recule de près d’un cinquième. Le document ne précise ni les montants engagés ni leur destination (investissement, fonctionnement ou refinancement d’arriérés), une zone d’ombre qui mérite des réponses.
Côté perspectives, la note se contente de citer un « barrage hydroélectrique » parmi les grands chantiers qui dopent le BTP, sans calendrier de mise en service ni projection de production pour les trimestres à venir. Plusieurs questions restent ouvertes, auxquelles la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et le ministère de tutelle devront répondre : les volumes réels produits en mégawattheures, la part du thermique et de l’hydraulique, et l’échéance à laquelle les nouvelles capacités compenseront la perte. Pour l’heure, la statistique officielle documente un recul sans fixer d’horizon de sortie.













