Les statistiques douanières chinoises de juin 2026 affichent une hausse spectaculaire de l’indice de valeur des exportations automobiles, à 144,9 en glissement annuel, soit +44,9% sur un an. Cette progression est portée avant tout par les volumes, avec un indice de quantité à 152,8, tandis que les prix reculent légèrement, à 94,9, ce qui traduit une stratégie chinoise de conquête de parts de marché par les prix plutôt que par la valorisation unitaire.
Le Gabon, marché structurellement dépendant de l’importation de véhicules d’occasion et, de plus en plus, de véhicules neufs chinois, cette combinaison de volumes en forte hausse et de prix en légère baisse constitue un facteur potentiellement favorable à l’accessibilité du parc automobile. Les constructeurs chinois, dont la présence s’accroît sur le continent africain, disposent désormais d’une capacité exportatrice renforcée qui pourrait se traduire par une offre plus abondante sur les marchés d’Afrique centrale.
Une production chinoise en expansion, conjuguée à des prix export en repli, pourrait accentuer la pression concurrentielle sur les filières d’importation traditionnelles, notamment celles orientées vers l’Europe et le Japon. Le marché gabonais du véhicule d’occasion, largement informel, pourrait voir converger vers lui une part croissante de cette offre, modifiant progressivement la structure des prix de référence pratiqués par les importateurs et revendeurs locaux.
L’ampleur de cette dynamique sur le marché gabonais dépendra des circuits d’importation effectivement empruntés par les opérateurs, dans un secteur où la traçabilité des flux reste largement opaque. A l’heure où les autorités entendent renouveler le parc automobile et progressivement mettre au rebut les véhicules de plus de 15 à 20 ans, cette percée chinoise pourrait être bien plus qu’une simple tendance.













