Gabon : d’Andem au Komo-Ogooué Railway, ces grands projets de transport dont l’exécution reste à démontrer

Aéroport d’Andem, tramway du Grand Libreville, avions-taxis, nouvelle desserte internationale et Komo-Ogooué Railway : depuis plusieurs années, le Gabon accumule les projets destinés à transformer son système de transport. Pris ensemble, ils dessinent une ambition cohérente : mieux relier Libreville au reste du monde, désengorger la capitale, ouvrir les destinations touristiques et augmenter les capacités logistiques nécessaires aux futurs projets miniers. Leur degré d’avancement est toutefois très disparate.

Andem est désormais le projet le plus visible : sa première pierre a été posée le 28 mars 2025 et la Présidence avait annoncé quatre années de travaux. À l’inverse, le tramway de Libreville reste nettement plus en amont : le PNDT 2024-2026 évaluait sa construction à 180 milliards de fcfa, avec un financement extérieur encore à rechercher. Quant à la desserte Emirates, elle était toujours qualifiée d’« éventuelle » par l’ANAC lorsque la compagnie a demandé les statistiques de trafic passagers en août 2025.

Le ferroviaire offre un cas encore plus ancien. Le 8 avril 2022, le gouvernement avait signé avec INPAX un contrat portant sur les études de conception et de développement du Komo-Ogooué Railway, une nouvelle ligne d’environ 340 kilomètres entre Owendo et Booué. Les études, financées par INPAX, devaient durer 30 mois et couvrir les volets techniques, économiques, environnementaux, sociaux, juridiques et financiers avant une proposition de partenariat public-privé.

Quatre ans plus tard, RISE Gabon continue de présenter le KOR parmi ses projets en cours, mais les informations publiques consultées ne permettent pas d’identifier le démarrage de la construction de ces 340 kilomètres. Le projet prend pourtant une importance supplémentaire avec la montée en puissance attendue de nouveaux gisements de fer : sa raison d’être est précisément d’absorber une hausse future de la demande ferroviaire, notamment liée aux minerais, tout en complétant les capacités du réseau existant.

Le problème du Gabon n’est donc pas l’absence de projets de transport, mais la capacité à les faire passer successivement de l’annonce aux études, des études au financement, puis du financement au chantier et enfin à l’exploitation. Tous ne sont pas « restés lettre morte » : Andem est engagé, tandis que d’autres demeurent à des étapes préparatoires différentes. Mais du tramway au KOR, la publication régulière des montants engagés, financements sécurisés, taux d’exécution et échéances permettrait désormais de mesurer une chose essentielle : la distance qui sépare encore la carte du futur réseau de transport gabonais de sa réalisation effective.

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