Gabon : Digitax traite déjà 80% des recettes fiscales, deux ans après son lancement

Lancée en avril 2024, la plateforme Digitax traite déjà 80% des recettes fiscales du Gabon, selon la Banque mondiale. L’information figure dans la Revue des Finances Publiques du Gabon 2026, qui analyse notamment la mobilisation des recettes et la modernisation de l’administration fiscale. En deux ans, la plateforme est ainsi devenue l’un des principaux canaux de gestion des recettes intérieures. Cette montée en puissance intervient alors que le pays entend améliorer le rendement fiscal sans alourdir davantage les taux légaux d’imposition. 

La plateforme constitue l’un des principaux outils retenus pour généraliser la déclaration et le paiement électroniques des impôts. La Banque mondiale estime que son extension à l’ensemble des contribuables et à toutes les catégories d’impôts pourrait réduire les coûts administratifs et améliorer le respect des obligations fiscales. Elle recommande également de développer les contrôles automatisés et les déclarations informatisées. Plusieurs fonctionnalités restent encore à compléter, notamment dans la gestion des droits d’enregistrement et l’exploitation systématique des données disponibles. 

Le potentiel budgétaire associé à cette transformation est important. Dans ses recommandations, la Banque mondiale estime que la numérisation des factures de TVA, l’extension de Digitax et la généralisation des paiements mobiles pourraient représenter un gain de recettes équivalent à 1,6% à 3,3% du PIB, selon les hypothèses utilisées dans le rapport. Ce potentiel repose notamment sur une amélioration de l’efficacité de la TVA et une extension de la couverture numérique des contribuables. Il ne correspond donc pas à une hausse de taux, mais à un meilleur recouvrement de prélèvements déjà existants. 

Cette évolution intervient alors que le rendement fiscal non pétrolier reste relativement faible. Entre 2014 et 2024, les recettes fiscales non pétrolières ont représenté en moyenne 10,5% du PIB, un niveau inférieur à celui observé dans plusieurs pays de revenu comparable. La Banque mondiale estime que cette situation tient moins aux taux légaux qu’aux difficultés de conformité, aux dépenses fiscales et aux limites de l’administration fiscale. En 2025, 37% des entreprises interrogées considéraient d’ailleurs l’administration fiscale comme un obstacle majeur à leurs activités. 

Digitax devient ainsi un levier important pour améliorer les recettes en s’appuyant davantage sur la traçabilité et les données. La Banque mondiale recommande notamment de renforcer les échanges d’informations avec les banques, la SEEG, les Douanes et les autres administrations publiques. L’interopérabilité entre les systèmes fiscaux, douaniers et le SIGFIP doit permettre de mieux identifier les contribuables non enregistrés ou non conformes. Le rapport fait ainsi de la digitalisation un élément central de l’élargissement effectif de l’assiette fiscale. 

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