Gabon : les créances fiscales ont chuté de 531 à 273 milliards fcfa entre 2023 et 2024

L’encours des créances fiscales du Gabon a été presque divisé par deux en un an. Il est passé de 531 milliards fcfa en 2023 à 273 milliards fcfa en 2024, selon la Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 de la Banque mondiale. Rapporté au PIB, le stock a reculé de 4,5% à 2,2%. La baisse représente environ 258 milliards fcfa sur une seule année, dans un contexte de renforcement du suivi des montants dus à l’administration fiscale. 

Cette réduction intervient à la suite d’efforts plus soutenus de recouvrement de la Direction générale des impôts. Le rapport relève notamment une meilleure distinction entre les montants considérés comme irrécouvrables et ceux pour lesquels des procédures de recouvrement forcé peuvent encore être engagées. Cette clarification améliore la qualité du stock de créances suivi par l’administration. Elle permet aussi de concentrer les moyens de recouvrement sur les dossiers présentant encore une possibilité réelle de paiement. 

La Banque mondiale estime cependant que l’administration fiscale conserve une marge importante pour améliorer ses performances. Malgré le recul des créances, la mobilisation des recettes intérieures reste inférieure à son potentiel, alors même que plusieurs taux d’imposition appliqués au Gabon sont relativement élevés par rapport à certains pays comparables. Le rapport relève également des difficultés persistantes dans le respect des obligations fiscales et dans l’exploitation des informations disponibles. La baisse du stock de créances ne suffit donc pas encore à résorber les faiblesses structurelles du recouvrement. 

L’une des pistes identifiées consiste à mieux exploiter les informations détenues par des tiers. Les données des banques ou de la SEEG sont encore insuffisamment utilisées pour confronter les déclarations fiscales et détecter les entreprises ou personnes non enregistrées. La Banque mondiale recommande également de renforcer l’interopérabilité entre les systèmes fiscaux, douaniers et le SIGFIP. Des contrôles conjoints entre la DGI, les Douanes et d’autres administrations pourraient ainsi permettre de mieux cibler les risques de non-conformité. 

Le recul de 258 milliards fcfa enregistré entre 2023 et 2024 montre néanmoins qu’une action sur le recouvrement peut produire des résultats significatifs sans modification des taux d’imposition. Le rapport inscrit cette approche dans une stratégie plus large combinant digitalisation, contrôles fondés sur les risques et utilisation accrue des données tierces. La Banque mondiale estime d’ailleurs que l’amélioration du civisme fiscal et des contrôles pourrait générer un gain budgétaire équivalent à 1,1% du PIB. 

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