Gabon : face aux 28 000 milliards fcfa du PNCD, seulement 7,1 milliards de projets soumis à la BDEAC en 2025

Le contraste est marqué entre l’ampleur des besoins d’investissement associés au Plan national de croissance et de développement (PNCD), évalués à près de 28 000 milliards fcfa, et le volume de projets gabonais présenté à la Banque de développement des États de l’Afrique centrale en 2025. Selon le rapport annuel 2025 de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC), le Gabon n’a soumis que six demandes de financement pour un montant cumulé de 7,1 milliards fcfa. 

À l’échelle régionale, la Banque a reçu 35 demandes représentant 230,706 milliards fcfa. Les projets gabonais n’ont ainsi représenté que 3,08 % des montants sollicités. Le Cameroun concentrait à lui seul 125,151 milliards fcfa, soit 52,25 % du total, tandis que le Tchad atteignait 71,225 milliards et le Congo 18,946 milliards. Le niveau gabonais apparaît d’autant plus limité que la BDEAC inscrit précisément son activité dans l’accompagnement des plans nationaux de développement des États membres. 

Son rapport indique que la constitution du pipeline de projets doit permettre de soutenir les États dans la mise en œuvre de leurs stratégies de développement et les opérateurs économiques dans leurs investissements. Les 7,1 milliards fcfa sollicités par le Gabon restent également très faibles au regard de la place déjà occupée par le pays dans le portefeuille de la Banque. À fin 2025, la BDEAC comptabilisait 154,154 milliards fcfa d’encours brut au Gabon, répartis sur onze prêts. 

Le pays représente ainsi plus de 21 % de l’ensemble du portefeuille de prêts de l’institution. Le rapport met plus largement en évidence un ralentissement du flux de nouveaux projets dans la sous-région. La BDEAC avait reçu 99 requêtes en 2021 et 77 en 2022, contre seulement 35 en 2025. Si le montant demandé cette année-là remonte à 230,706 milliards fcfa contre 204,994 milliards en 2024, le nombre de dossiers reste très inférieur aux niveaux observés au début de la décennie. 

Pour le Gabon, les données de la BDEAC posent donc surtout la question de l’alimentation du pipeline de projets finançables. Le rapport ne permet pas d’identifier individuellement les six dossiers soumis par Libreville ni d’en apprécier le degré de maturité. Il établit néanmoins qu’en 2025, leur montant cumulé est resté limité à 7,1 milliards fcfa, alors que les ambitions nationales d’investissement se situent à une tout autre échelle.

le coup de coeur

Derniers Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img