Le Gabon a sensiblement amélioré l’exécution de ses investissements publics au cours des cinq dernières années. Selon la Banque mondiale, dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 : Améliorer les Politiques Budgétaires pour Obtenir de Meilleurs Résultats pour les Gabonais, le taux d’exécution des investissements est passé de 74% en 2019 à 88% en 2024. L’institution relie cette progression aux efforts de hiérarchisation engagés ces dernières années et à une meilleure organisation de la programmation des projets. Cette évolution intervient alors que les investissements publics avaient auparavant enregistré des niveaux d’exécution plus faibles et irréguliers.
Le dispositif de programmation s’est également étoffé. En 2026, le répertoire national des investissements publics recensait 675 projets, avec pour fonction de centraliser les informations sur leur niveau d’avancement. Cette base doit donner aux autorités une vision plus complète des opérations engagées et de leurs besoins de financement. La Banque mondiale souligne que cette consolidation des données constitue un progrès important dans un environnement où le suivi des investissements était auparavant fragmenté entre plusieurs administrations.
Cette évolution s’accompagne du déploiement du SIGIP, le nouveau système de gestion des investissements publics développé par le Commissariat général au Plan. Chaque projet doit désormais être associé à un identifiant unique permettant de suivre simultanément son exécution physique et financière. Le dispositif doit aussi faciliter la comparaison entre les montants engagés, les décaissements effectués et l’avancement concret des travaux. La Banque mondiale recommande à terme son interconnexion avec le SIGFIP afin de disposer d’un suivi continu des projets quelle que soit leur source de financement.
La Banque mondiale relève aussi plusieurs changements institutionnels intervenus depuis 2019 : suppression de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructure, création d’un ministère dédié à la Planification en 2024 et adoption, en mars 2026, d’un cadre unifié de gestion des investissements publics. Ce dernier doit renforcer la sélection, la supervision et la programmation pluriannuelle des projets. Il prévoit notamment une Commission d’études sectorielles, une banque de projets et de nouvelles règles encadrant les autorisations d’engagement et les crédits de paiement.
Le rapport considère néanmoins que cette amélioration des taux d’exécution doit désormais être accompagnée d’un renforcement de la préparation en amont. Les études de faisabilité, analyses coûts-avantages, évaluations des risques et estimations des coûts d’entretien ne sont pas encore systématiques. Certains projets sont encore inscrits dans les lois de finances sans processus de sélection suffisamment documenté. La progression du taux d’exécution ne dispense donc pas de mieux mesurer, avant lancement, la rentabilité économique et le coût budgétaire complet des investissements programmés.













