Huit mois après une rencontre consacrée aux « modalités de lancement » du projet de Bélinga, le passage à l’exploitation industrielle reste à préparer. Le 13 janvier 2026, la Présidence gabonaise annonçait que les discussions avec Fortescue portaient principalement sur le lancement du projet. Le 22 septembre, le gouvernement évoque encore « les prochaines phases de développement », des échanges techniques à approfondir et des échéances à préciser avec une nouvelle délégation du groupe australien.
Entre ces deux séquences, Fortescue a pourtant poursuivi ses opérations sur le terrain. Mais celles-ci restent essentiellement consacrées à l’exploration. Le groupe indique officiellement que les travaux menés à Bélinga reposent sur les forages, la collecte de données et les études techniques destinées à mieux comprendre le gisement et à déterminer les scénarios possibles de développement. Sur son propre site, Bélinga demeure ainsi présenté comme un projet d’exploration et non comme une mine en construction.
Cette phase va même être renforcée. Fortescue Bélinga vient d’annoncer le passage de cinq à dix foreuses et prévoit environ 375 000 mètres de nouveaux forages, dont 350 000 mètres à circulation inverse et 25 000 mètres au diamant, dans les zones de Bélinga, Batouala et Boka Boka. Cette montée en puissance permettra surtout d’affiner la connaissance du gisement et de fournir les données nécessaires aux études qui doivent précéder son développement industriel.
Le contraste est d’autant plus marqué que le calendrier gouvernemental s’est progressivement resserré. En janvier 2026, lors d’un déplacement dans l’Ogooué-Ivindo, la Présidence indiquait que la phase de production était prévue à l’horizon 2028. Or, à la fin septembre 2026, les communications disponibles ne font toujours état ni d’un calendrier détaillé de construction de la mine, ni d’une date de mise en service du chemin de fer minéralier, ni d’une date d’achèvement des infrastructures nécessaires à l’exportation du minerai.
Bélinga avance donc, mais le contenu de cette avancée reste pour l’heure dominé par les études, les forages et la préparation. L’arrivée annoncée d’une nouvelle délégation de Fortescue devrait justement servir à préciser les étapes suivantes. Huit mois après les discussions de janvier sur le lancement du projet, le dossier est ainsi entré dans une phase d’exploration plus intensive, sans que Fortescue ait encore publiquement annoncé le basculement vers la construction industrielle de la mine.













