La Cour des comptes doit présenter, ce jeudi 16 juillet 2026, quatre documents stratégiques appelés à guider durablement le fonctionnement de la juridiction financière : le Plan stratégique 2026-2030, le Code de déontologie, le Recueil de jurisprudence et le Plan de formation. Une cérémonie solennelle qui intervient dans un contexte de renforcement du rôle constitutionnel de la Cour sous la Ve République, et alors même que l’institution vient de boucler son rapport sur l’exécution du budget 2024.
Le Plan stratégique 2026-2030, présenté comme la boussole des activités futures de la Cour, définit les orientations prioritaires, objectifs, actions et moyens nécessaires pour réaliser les missions de la juridiction financière dans un contexte marqué par des exigences accrues de redevabilité et de bonne gouvernance. Ce document s’inscrit dans la continuité directe des constats dressés par le RELF 2024, qui documente noir sur blanc les faiblesses persistantes du contrôle budgétaire gabonais : virements irréguliers, absence de décrets d’autorisation, crédits annulés au-delà des seuils légaux.
Le Code de déontologie ambitionne, selon le Premier président, de promouvoir quatre valeurs cardinales, l’intégrité, l’indépendance, la compétence et le comportement professionnel des magistrats et personnels de la Cour, tandis que le Recueil de jurisprudence doit permettre de capitaliser l’ensemble des décisions rendues afin d’en assurer la cohérence et la diffusion. Le Plan de formation, quant à lui, répond à la nécessité de renforcer durablement les capacités humaines de l’institution, dans un environnement technique de plus en plus exigeant.
Cette présentation intervient dans un contexte où la nouvelle Constitution de la Ve République a modifié le calendrier de contrôle de l’exécution des lois de finances, imposant désormais à la Cour de contrôler l’exercice N-1 au lieu de N-2. Un changement de cadre qui a d’ailleurs occasionné, selon le RELF 2024 lui-même, un retard dans la production de son rapport, les deux principaux comptes de l’État (CGAE et CGE) ayant été déposés hors délai par le gouvernement, respectivement le 9 juillet et le 6 août 2025, au lieu du 30 juin prévu par les textes.
La cérémonie du 16 juillet s’annonce donc comme un test de crédibilité pour la juridiction financière : au-delà de l’exercice de communication institutionnelle, elle devra démontrer que ces nouveaux outils sont capables de corriger les dysfonctionnements structurels que son propre rapport 2024 met en lumière, du non-respect des seuils légaux de virement à l’absence récurrente d’actes réglementaires venant sécuriser les mouvements de crédits.














