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Gabon : « la justice est indépendante chez nous, il y a séparation des pouvoirs entre l’exécutif et la justice », le défi de la séparation des pouvoirs selon Oligui Nguema

En réaffirmant avec force le principe de la séparation des pouvoirs, le président, Brice Clotaire Oligui Nguema, pose les fondations du renouveau institutionnel gabonais : « C’est la clé. Si on veut être juste, il faut d’abord respecter la justice. Et il faut la laisser travailler. Et comme je le disais, la justice, elle est indépendante. Chez nous, il y a séparation des pouvoirs entre l’exécutif et la justice. » Cette déclaration, loin d’être une simple formule protocolaire, résonne comme un engagement fort dans une période charnière où la refondation de l’État et la restauration des institutions exigent des signaux clairs de transparence et d’équité.

Réhabiliter la figure du magistrat

Pour le chef de l’État, respecter la justice implique avant tout d’accepter son autonomie et de préserver sa sérénité face aux urgences politiques et aux passions populaires. Laisser la justice « travailler« , c’est s’engager à rompre définitivement avec l’époque des instructions politiques et des verdicts télécommandés qui ont longtemps entaché la crédibilité du système judiciaire national. En sanctuarisant le temps du droit, le pouvoir cherche à réhabiliter la figure du magistrat, non plus comme un instrument de coercition de l’exécutif, mais comme le garant impartial de l’ordre public et des libertés individuelles.

Cette profession de foi se heurte néanmoins au défi majeur de sa matérialisation dans le quotidien des palais de justice de Libreville ou de Port-Gentil. L’indépendance proclamée doit désormais s’accompagner de réformes structurelles profondes, notamment en ce qui concerne l’autonomie financière des tribunaux et le mode de nomination des magistrats, traditionnellement lié aux arbitrages du Conseil supérieur de la magistrature. La rupture promise ne sera effective que si l’exécutif accepte de se soumettre lui-même au droit, renonçant à toute interférence, y compris dans les dossiers sensibles liés à la gouvernance financière et à la reddition des comptes.

Une justice réellement indépendante et protégée des pressions du pouvoir

Faire de la séparation des pouvoirs la « clé » de voûte de la Vè République est un choix stratégique qui dépasse le cadre strictement judiciaire pour toucher à la crédibilité économique du pays. Une justice réellement indépendante et protégée des pressions du pouvoir est le meilleur argument pour rassurer les partenaires internationaux et sécuriser les investissements indispensables à la relance macroéconomique. C’est à l’aune de cette discipline républicaine, et de la liberté d’action laissée aux juges face aux puissants, que se mesurera la sincérité de la promesse de restauration des institutions du Gabon.

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