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PLFR 2026 : avec un manganèse sous-évalué, Thierry Minko laisse au moins 70 milliards sur la table

Le 11 juin 2026, le ministre de l’Économie Thierry Minko était au Palais Léon MBA pour défendre le budget rectificatif de l’État. Dans ses chiffres, une ligne a retenu notre attention : le prix de vente du manganèse. Le gouvernement le fixe à 166,9 USD la tonne. C’est moins que ce qui était prévu en début d’année. Et c’est moins que ce que le marché mondial est prêt à payer.

Le même jour, l’agence de notation Fitch Ratings publiait sa mise à jour des prix des métaux. Le charbon utilisé pour fabriquer l’acier et l’acier a besoin de manganèse, bondit de 190 à 220 USD la tonne. Le cuivre, le nickel, l’aluminium : tous révisés à la hausse. Le message de Fitch est que la demande mondiale d’acier tient bon. Ce qui signifie que la demande de manganèse tient bon. Ce qui signifie que son prix devrait monter, pas baisser.

Or le Gabon produira 9,424 millions de tonnes de manganèse en 2026. Chaque dollar supplémentaire sur le prix de la tonne, c’est 9,424 millions de dollars de plus pour Comilog. Et donc pour l’État, via les taxes et les dividendes. Si le prix réel atteint 180 USD au lieu de 166,9 USD, un écart raisonnable au regard des tendances mondiales, c’est plus de 70 milliards de fcfa qui n’apparaissent nulle part dans le budget rectificatif.

70 milliards. C’est plus que ce que l’État consacre au soutien du prix du carburant dans ce même budget. C’est de l’argent qui existe potentiellement, que le marché est prêt à générer, mais que les hypothèses budgétaires du ministre n’ont pas anticipé. Peut-être par prudence. Peut-être par méthode. Mais sans explication publique sur la source et la logique des prix retenus, la question reste ouverte.

Le PLFR 2026 se présente comme un exercice de sincérité budgétaire. Être sincère, c’est aussi dire aux Gabonais quand les hypothèses de recettes sont en dessous de la réalité du marché. Sur le manganèse, ce travail reste à faire. Sur l’or également. Or, en ces temps de crise ou l’État s’apprête à négocier près de 900 milliards de fcfa via un eurobond, le moindre sous compte. 

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