Gabon : le prix du gaz baisse de 12,6% pendant que la production s’effondre de 44,9%

L’annexe statistique de la note de conjoncture de la DGEPF, consacrée à « l’évolution de l’activité de production de gaz naturel », livre un chiffre que le corps du texte ne commente pas : le prix de vente moyen national du gaz est passé de 0,173 à 0,151 dollar par mètre cube entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, soit un recul de 12,6% sur un an. Ce détail, noyé dans un tableau technique, contredit frontalement la logique de marché la plus élémentaire.

Le corps de la note explique en effet que la production de gaz naturel commercialisé s’est effondrée de 44,9% au premier trimestre 2026, un choc que la DGEPF attribue à « de multiples arrêts d’exploitation, provoqués par des avaries techniques et un déficit d’équipements de surface nécessaires aux réparations ». Dans n’importe quel marché non régulé, une contraction aussi brutale de l’offre se traduit mécaniquement par une hausse des prix, le temps que la demande s’ajuste. Ici, c’est l’inverse qui se produit.

Ce découplage entre une offre en chute libre et un prix en baisse ne peut s’expliquer que de deux façons. Soit le prix du gaz gabonais reste fixé par un mécanisme contractuel ou administré largement déconnecté des tensions physiques du marché, ce qui limiterait l’impact de la crise de production sur les acheteurs industriels et sur l’État. Soit la demande industrielle et électrique s’est elle-même effondrée plus vite encore que l’offre, un scénario nettement plus inquiétant pour l’activité économique nationale, qu’aucun autre indicateur de la note ne vient pourtant confirmer aussi nettement.

Perenco reste le fournisseur quasi unique du gaz consommé au Gabon, qu’il s’agisse de l’approvisionnement des centrales électriques de Libreville-Owendo et Port-Gentil, alimentées depuis 2007, ou de la production de GPL à l’usine de Batanga. La structure de fixation du prix de vente moyen national du gaz, telle que documentée dans les contrats liant le groupe franco-britannique à l’État gabonais et aux distributeurs d’électricité, expliquerait directement ce paradoxe statistique que la DGEPF se contente de consigner sans le commenter.

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