Gabon : avec 12 000 étudiants à terme, Cap Estérias veut devenir un nouveau pôle économique au nord de Libreville

L’ouverture de l’Université internationale Brice Clotaire Oligui Nguema pourrait modifier progressivement l’économie du Cap Estérias et, plus largement, de la commune d’Akanda. Inauguré le 10 septembre, le campus doit accueillir environ 1 500 étudiants et 150 enseignants-chercheurs à son démarrage, pour une capacité physique annoncée autour de 4 000 étudiants dans sa configuration actuelle. L’objectif affiché est toutefois de porter à terme le pôle universitaire à 12 000 étudiants.

Une demande nouvelle pour les logements locatifs

Cette montée en puissance représente potentiellement l’arrivée d’une population équivalente à celle d’une petite ville universitaire. Or, le campus ne dispose actuellement que de 152 chambres. Une grande partie des étudiants devra donc se loger à l’extérieur ou effectuer quotidiennement le trajet entre le Cap Estérias et les autres quartiers du Grand Libreville. L’implantation universitaire peut ainsi créer une demande nouvelle pour les logements locatifs, les transports, la restauration, les commerces de proximité, les services numériques ou encore les activités de loisirs.

Le campus possède déjà certains équipements susceptibles d’amorcer cet écosystème. Il comprend 48 salles de classe, une bibliothèque, un amphithéâtre de 384 places, des espaces de restauration ainsi qu’un hôtel-restaurant de 18 suites. Ce dernier doit notamment servir à la formation pratique des étudiants. L’université devient ainsi à la fois un établissement d’enseignement et un nouveau centre d’activité permanent dans une zone située en périphérie du principal cœur économique du pays.

Objectif, 12 000 étudiants attendus

L’effet économique dépendra cependant des infrastructures développées autour du site. Lors de l’inauguration, des étudiants ont déjà soulevé la question de la disponibilité d’un réseau de transport fiable. À mesure que les effectifs augmenteront, la même équation se posera pour le logement, les commerces et les autres services. Cette demande peut ouvrir un marché aux petits entrepreneurs comme aux investisseurs immobiliers, particulièrement si le campus se rapproche effectivement de son objectif de 12 000 étudiants.

Cap Estérias pourrait ainsi produire un effet qui dépasse l’enseignement supérieur. Après avoir longtemps concentré une grande partie de ses activités universitaires autour de Libreville, le Gabon crée au nord de la capitale un nouveau point d’attraction pour plusieurs milliers d’étudiants, enseignants et personnels. Le maire d’Akanda anticipe lui-même un effet sur l’économie locale. Si les 12 000 étudiants annoncés à terme se matérialisent, le principal impact du projet pourrait aussi se mesurer dans les logements, les transports et les entreprises qui se développeront autour de l’université.

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