Les tableaux annexes de la DGEPF permettent un exercice que le résumé exécutif de la note ne fait pas : comparer, trimestre par trimestre, l’évolution du prix du baril gabonais et celle des volumes réellement produits et exportés. Le résultat de ce croisement mérite d’être exposé. Il change la lecture habituelle d’un trimestre présenté comme uniformément mauvais pour le secteur pétrolier.
Le prix moyen du brut gabonais est passé de 74,158 dollars le baril au premier trimestre 2025 à 77,190 dollars au premier trimestre 2026, une progression de 4,1%, portée par un Brent en hausse de 6,5% sur la même période, conséquence directe des tensions au Moyen-Orient largement documentées dans la partie internationale de la note. Dans le même temps, la production physique recule de 8,5% sur un an et les volumes exportés de 7,1%. Moins de barils quittent les quais gabonais, mais chacun d’entre eux rapporte davantage.
Cette mécanique de prix et de volumes n’est pas neutre pour la répartition de la valeur entre les différents acteurs de la chaîne pétrolière. Un opérateur qui vend moins de barils mais à un prix plus élevé ne subit pas nécessairement une perte de chiffre d’affaires proportionnelle à la baisse de production affichée par la DGEPF. La question posée par ce trimestre n’est donc pas seulement celle du volume perdu, mais celle de la répartition effective du surplus de valeur généré par la hausse des cours mondiaux.
Cette distinction est cruciale pour comprendre pourquoi les recettes pétrolières attendues par l’État dans le Projet de loi de finances rectificative 2026 chutent de 29%, alors même que le prix du baril progresse. Si les opérateurs pétroliers présents au Gabon, dont Perenco pour sa part importante de la production nationale, bénéficient de cet effet prix sans que l’État n’en capte une part équivalente à travers la fiscalité pétrolière, l’écart entre performance des opérateurs et performance budgétaire de l’État mériterait d’être objectivé chiffre par chiffre.
En l’absence d’une ventilation par opérateur de l’impact combiné de la baisse des volumes et de la hausse des prix, cet écart entre la progression du cours du brut gabonais et le recul des recettes budgétaires attendues par l’État reste l’une des zones les plus opaques de l’équation pétrolière nationale pour ce trimestre.













