Gabon : remorquage, gardiennage, stationnement… Libreville cherche de nouvelles recettes sans résoudre le manque de parkings

À Libreville, la politique de mise en fourrière prend une dimension financière en plus de sa fonction d’ordre urbain. Depuis le 16 juillet 2026, la municipalité mène une opération de contrôle visant notamment les garages et marchés anarchiques, les épaves, les véhicules proposés à la vente sur la voie publique et différentes occupations irrégulières du domaine public. Chaque véhicule effectivement enlevé peut cependant entraîner pour son propriétaire plusieurs dépenses : remorquage, gardiennage et frais liés à sa récupération. 

Pour la mairie dirigée par Eugène Mba, le dispositif répond à un problème concret : l’occupation du domaine public et l’accumulation de véhicules abandonnés ou irrégulièrement stationnés. Une fourrière permet de libérer les voies et de faire appliquer les règles municipales. Mais son extension pose une question économique lorsque l’offre de stationnement disponible ne progresse pas au même rythme que les contrôles. Dans plusieurs zones d’activité, trouver une place autorisée reste difficile, ce qui limite les solutions offertes aux automobilistes.

Le déséquilibre est d’autant plus sensible que la sanction génère directement une dépense pour les ménages. Enlèvement, remorquage et gardiennage transforment une infraction de stationnement en facture pouvant augmenter avec la durée d’immobilisation. La politique de fourrière possède donc deux effets simultanés : elle sanctionne l’occupation irrégulière de l’espace public et crée des flux financiers associés à la récupération des véhicules. 

Reste que l’intensification des enlèvements ne remplace pas l’investissement urbain. Des parkings supplémentaires, une signalisation lisible, la matérialisation des espaces autorisés et interdits et, lorsque cela est pertinent, du stationnement payant organisé permettraient de compléter le dispositif répressif. Sans augmentation de cette offre, une partie des automobilistes continuera d’arbitrer entre éloignement de leur destination et risque de stationnement irrégulier.

La question budgétaire mérite enfin d’être posée par la municipalité. Pour déterminer si la fourrière constitue seulement un instrument de police urbaine ou également une source significative de ressources, il faudrait publier le nombre de véhicules enlevés, les tarifs effectivement appliqués, les sommes encaissées et l’affectation de ces recettes. En l’absence de ces données, il serait prématuré d’affirmer que Libreville en tire des recettes importantes ; ce qui est établi, en revanche, est que le durcissement des contrôles intervient alors que l’offre de stationnement demeure insuffisante.

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