Gabon : Finances publiques, gouvernance et climat des affaires… et si les réformes engagées commencaient à cocher les cases du FMI?

Lorsque le Fonds monétaire international a quitté Libreville le 6 mars 2026, après dix jours de discussions, sa feuille de route était assez explicite. L’institution avait mis en avant quatre chantiers : amélioration de la gestion des finances publiques, gouvernance, climat des affaires et lutte contre la corruption, tout en réclamant des politiques budgétaires et financières prudentes. Six mois plus tard, plusieurs réformes engagées par Libreville commencent à recouper ces priorités, même si leur exécution et leurs résultats devront encore être évalués avant de parler d’un véritable alignement avec le FMI.

Sur les finances publiques, le mouvement a commencé dès janvier avec le lancement du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP), conçu pour améliorer la traçabilité des opérations budgétaires et comptables. En février, le ministère de l’Économie a ensuite inscrit dans sa feuille de route la maîtrise de la dépense, le contrôle des engagements, l’audit de la dette intérieure et extérieure et l’amélioration de son profil. Le 8 juillet, le chef de l’État a ajouté un audit exhaustif des exonérations fiscales et douanières et demandé une stratégie renforcée de soutenabilité de la dette. Autant de sujets qui rejoignent directement la prudence budgétaire réclamée en mars par le FMI.

Le climat des affaires constitue un deuxième point de convergence. Les travaux du Haut Conseil pour l’investissement ont réuni en juin plus de 1 100 participants autour de la fiscalité, de la sécurité juridique, de la logistique, de la gouvernance et de la commande publique. Parmi les priorités retenues figurent l’apurement des crédits de TVA, la réduction des délais administratifs, l’accélération du nouveau Code des investissements et l’amélioration des corridors portuaires et aéroportuaires. Un plan d’action de 100 jours a été annoncé le 22 juin pour traduire ces recommandations en mesures concrètes.

La gouvernance financière est également entrée dans le champ des réformes. Le gouvernement a engagé en juin des travaux sur la rationalisation de la parafiscalité, tandis que la digitalisation et l’interconnexion des régies financières doivent, selon les autorités, améliorer la transparence et limiter fraude et évasion fiscales. Le PNCD 2026-2030 ajoute à cette architecture une réforme de la gestion des investissements publics destinée à renforcer la sélection, la programmation, le financement, l’exécution et le suivi-évaluation des projets. Pour le FMI comme pour les investisseurs, la question sera désormais de savoir si ces nouveaux dispositifs modifient effectivement la qualité de la dépense publique.

Libreville n’a donc pas encore « satisfait » aux exigences d’un éventuel programme : aucune conclusion de cette nature n’a été annoncée par le FMI. Mais le rapprochement des agendas est perceptible. Le Gabon a officiellement demandé un nouveau programme en mars et l’annonce avait alors provoqué une réaction positive du marché, son eurobond 2029 gagnant 2,1 cents à 94,35 cents pour un dollar, selon Reuters. Pour transformer ce premier signal en accord, le véritable test sera désormais celui de l’exécution : soutenabilité de la dette, discipline budgétaire, transparence et résultats des réformes. Sur plusieurs de ces dossiers, Libreville travaille désormais sur les mêmes cases que celles identifiées par le FMI.

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