Contrairement à une idée répandue, la production nationale n’échappe pas à la vague fiscale. Le nouvel article 250 du Code Général des Impôts soumet les bières locales et boissons maltées locales à un taux d’accise ad valorem de 22%, complété par une taxe spécifique de 120 fcfa par litre.
Ce taux reste inférieur à celui appliqué aux vins et champagnes d’importation, fixés eux à 32%. Une différenciation qui traduit une volonté assumée de préserver une compétitivité relative pour la production brassicole locale face aux boissons alcoolisées importées, sans pour autant l’exonérer totalement de l’effort fiscal collectif.
Les modalités de perception restent identiques à celles de la TVA classique, sur un imprimé fourni par l’administration fiscale. Le produit de cette taxe est directement fléché vers le Fonds National pour le Développement du Sport ainsi que vers le financement d’investissements spécifiques, un mécanisme de solidarité budgétaire qui touche indistinctement producteur local et importateur.
Pour la filière brassicole gabonaise, cette hausse représente un arbitrage budgétaire à double tranchant. D’un côté, le taux reste préférentiel par rapport à l’importation. De l’autre, chaque casier de bière produit localement contribue désormais davantage aux caisses de l’Etat, dans un contexte où le budget général recule de 771,5 milliards de fcfa par rapport à la loi de finances initiale.
Le consommateur gabonais, lui, tranchera au comptoir. Reste à observer si les brasseurs locaux répercuteront intégralement cette hausse sur le prix de vente, ou si une partie sera absorbée sur les marges, un arbitrage commercial qui déterminera l’impact réel sur le portefeuille des ménages.














