Le secteur de la construction respire un peu dans ce collectif budgétaire. Le nouvel article 210 du Code Général des Impôts maintient l’exonération de TVA sur une liste précise de matériaux de construction : ciment, gravier, sable, ainsi que les tôles bac de dimension 5/10 et 6/10 et les tôles de dimension inférieure ou égale à 3/10.
Cette exonération s’inscrit dans une liste plus large de vingt catégories de biens de première nécessité, aux côtés du lait, du sucre, du riz, des médicaments et des produits pharmaceutiques. Un choix qui traite le matériau de construction basique comme un bien social au même titre que l’alimentaire, une équivalence qui n’a rien d’anodin dans un pays où l’auto-construction reste la norme pour une large partie de la population.
Pour autant, cette exonération ne couvre pas l’ensemble de la chaîne de construction. Les carreaux de construction et les pointes, par exemple, ne bénéficient que d’un taux réduit de 10%, et non d’une exonération totale, ce qui crée une hiérarchie fiscale entre matériaux selon des critères qui restent à expliciter par l’administration.
Ce maintien intervient alors que les dépenses d’investissement de l’Etat dans le secteur des constructions, logements et équipements collectifs chutent de 66,1 milliards de fcfa par rapport à la loi de finances initiale. Un paradoxe frappant : l’Etat allège la fiscalité sur les matériaux du particulier qui construit, tout en réduisant drastiquement ses propres chantiers publics.
Pour le ménage qui bâtit sa maison à Libreville ou en province, l’essentiel reste acquis : les postes de dépense les plus lourds du gros œuvre échappent à la TVA. Reste à savoir si les distributeurs locaux répercutent fidèlement cette exonération sur les prix affichés en quincaillerie.














