Gabon: le manganèse et l’agriculture, moteurs potentiels de diversification économique

Face aux défis de la dépendance pétrolière, le Gabon pourrait s’appuyer sur deux secteurs clés pour diversifier son économie : le manganèse et l’agriculture. En 2025, la production de manganèse, déjà un pilier de l’économie nationale, devrait dépasser les 10 millions de tonnes, consolidant la position du Gabon parmi les leaders mondiaux de ce minerai stratégique. Ce secteur pourrait devenir un levier majeur pour générer des recettes supplémentaires et atténuer les fluctuations des revenus pétroliers.

Transformation locale

Pour maximiser les retombées économiques de cette ressource, le gouvernement devra investir dans la transformation locale du manganèse. Actuellement, la majorité des exportations gabonaises sont constituées de matières premières non transformées, ce qui réduit la valeur ajoutée pour l’économie nationale. En développant des capacités industrielles pour transformer le manganèse sur place, le Gabon pourrait non seulement augmenter ses revenus, mais aussi créer des emplois locaux et diversifier sa base économique.

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En parallèle, le secteur agricole offre un potentiel inexploité pour renforcer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique. Bien que l’agriculture emploie une part importante de la population, elle ne représente qu’environ 5% du PIB. Le développement de filières stratégiques, telles que le cacao, les cultures maraîchères et l’huile de palme, pourrait générer des revenus supplémentaires et réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires. Le gouvernement ne s’y trompe pas lorsqu’il investit massivement dans ce secteur comme c’est le cas récemment avec une enveloppe de plus de 60 milliards de fcfa.

Partenariat public-privé ciblé

Toutefois, ces opportunités ne peuvent être pleinement exploitées sans une amélioration significative des infrastructures. Les routes rurales, essentielles pour transporter les produits agricoles vers les marchés, sont souvent dans un état déplorable. De plus, l’accès limité au financement pour les petits agriculteurs freine leur capacité à moderniser leurs équipements et à augmenter leur production. Un partenariat public-privé ciblé pourrait mobiliser les ressources nécessaires pour surmonter ces défis. Celui avec Ebomaf actuellement en mise en œuvre, devrait constituer un premier jalon. 

Le développement de ces secteurs devra également s’accompagner de réformes de gouvernance. La transparence dans la gestion des ressources minières et agricoles est essentielle pour attirer des investissements étrangers et garantir une distribution équitable des bénéfices. Avec une stratégie bien conçue, le Gabon pourrait transformer son économie et poser les bases d’une croissance inclusive et résiliente pour les décennies à venir.

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1 COMMENTAIRE

  1. En ce qui concerne l’agriculture j’attends toujours de voir. Car, quand on parle du retour à la terre pour booster l’économie et que je vois juste l’attribution de terre à nos mamans équipées de machettes, je trouve ça hilarant. La charge de travail est trop élevée pour le défi que veut relever nos gouvernants depuis des années. Sous d’autres cieux l’agriculture est forte car mécanisée. Bien sûr je suis d’accord avec l’article tout investissement allant dans ce sens ne saurait se faire sans transparence et tout le problème est là. Tous nos problèmes sont une question de gestion et d’allocation des fonds. Et sur ce point je ne crois nullement en nos dirigeants (la dilapidation des fonds durant le référendum en es un exemple). Je le dis donc ici, leurs annonces ne mèneront nulle part car, ceux qui sont aux affaires ne pensent toujours malheureusement qu’à leur ventre et à ceux des leurs, oubliant que pour qu’une économie soit dynamique, il faut miser sur les HOMMES, les mettre dans les conditions optimales de travail, booster la pouvoir d’achat de la majorité et non pas se dire (comme ils se disent sûrement) que les autres ne peuvent bénéficier de leurs privilèges et ça s’observe dans l’accès à l’emploi (dans le privé, comme le public avec des concours pipés) qui repose essentiellement sur le réseautage sauf pour les emplois les plus précaires (pour l’instant). Mais maintenir la majorité dans la précarité est le meilleur moyen de plomber le dynamisme économique surtout quand on a les ressources et le potentiel qu’a le Gabon. C’est l’observation de cet état de fait qui me conforte dans l’idée que leur projet de relance économique n’aura qu’un effet d’annonce.

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