HCI : dialogue public-privé, le gouvernement reçoit les reco pour améliorer le climat des affaires

Le Haut Conseil pour l’investissement avait déjà été relancé en juillet 2021 sous Carmen Ndaot. Ses organes avaient été réactivés avec les mêmes intentions affichées : améliorer le climat des affaires, associer le secteur privé aux décisions économiques, produire des réformes concrètes. Cinq ans plus tard, un nouveau rapport général est remis à un nouveau vice-président. Les priorités listées sont, pour l’essentiel, les mêmes.

Ce lundi 22 juin, Hermann Immongault a reçu le document issu des travaux engagés depuis le 4 juin dernier. Les groupes de travail réunissant acteurs publics et privés ont planché sur la fiscalité, les marchés publics, la gouvernance des établissements publics, la logistique et la formalisation de l’économie. Plus de 1 100 participants, trois semaines de concertation, un rapport avec des recommandations plus concrètes que les précédentes. Le schéma est celui de toutes les grandes messes de la politique économique gabonaise depuis deux décennies.

Le rapport transmis par le ministre délégué au Budget, Marc Abeghe, et le président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain Claude Kouakoua, est le fruit des réflexions menées autour de la fiscalité, de la sécurité juridique, de la compétitivité logistique, de la gouvernance, du pacte social, de la commande publique et de l’inclusion des PME.

Les recommandations ne manquent pas de bon sens. Le plafonnement du coût du BIETC, la sécurisation du financement de la CNAMGS, le recrutement des dirigeants d’établissements publics par appel à candidatures, l’accélération de la promulgation du nouveau Code des investissements, la mise en place de brigades mixtes de contrôle pour lutter contre les tracasseries administratives, ainsi que l’ouverture et le fonctionnement en continu des corridors portuaire : chacune de ces mesures répond à un dysfonctionnement documenté. Mais leur présence dans un rapport de HCI ne constitue pas une garantie d’exécution. Le Gabon compte de nombreux rapports de ce type dont les recommandations n’ont jamais quitté le papier.

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Ce qui change, selon Immongault, c’est le dispositif de suivi : des indicateurs de performance, un passage en Conseil interministériel, une ambition de dupliquer le dialogue public-privé à l’intérieur du pays. Ce cadre de redevabilité, s’il est effectivement mis en place, constituerait une rupture par rapport aux pratiques antérieures. Mais l’annonce d’un mécanisme de suivi lors de la remise d’un rapport est elle-même une constante des exercices de ce type.

Le véritable test interviendra dans les prochaines semaines : le nouveau Code des investissements sera-t-il promulgué ? Un plan d’apurement des crédits de TVA sera-t-il effectivement activé ? Les 500 millions de seuil pour les marchés locaux seront-ils inscrits dans un texte opposable ? Le secteur privé, qui doit financer 18 000 des 26 000 milliards du PNCD, n’a pas les moyens d’attendre une nouvelle législature pour le savoir.

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