Le Plan national de croissance et de développement (PNCD) affiche une ambition chiffrée : 26 000 milliards de fcfa. C’est le montant total du programme de développement que les autorités actuelles ont érigé en colonne vertébrale de leur projet économique. Un chiffre brut, rarement décomposé dans les communications officielles, mais qui sert désormais de référence absolue dans tous les discours institutionnels.
Sur ces 26 000 milliards, l’État reconnaît lui-même ne pouvoir en mobiliser qu’un tiers. Les 18 000 milliards restants, soit près de 70 % du financement total, sont attendus du secteur privé. Cette architecture financière n’est pas un détail : elle signifie que la réalisation du PNCD repose sur une variable que le gouvernement ne contrôle pas, à savoir la confiance des investisseurs dans un environnement des affaires que les opérateurs eux-mêmes jugent problématique.
C’est précisément ce paradoxe que le Haut Conseil pour l’investissement (HCI) a été chargé de résoudre. Les assises ouvertes le 4 juin au palais des Congrès Omar-Bongo-Ondimba ont rassemblé plus de 1 100 participants pendant trois semaines. Le rapport général, remis le 22 juin au vice-président Hermann Immongault par le ministre délégué au Budget Marc Abeghe et le président de la FEG Alain-Claude Kouakoua, recense les réformes jugées indispensables : nouveau Code des investissements, apurement des crédits de TVA, brigades mixtes de contrôle, ouverture continue des corridors portuaires et aéroportuaires.
Parmi les mesures les plus concrètes figure le relèvement de 150 à 500 millions de fcfa du seuil des marchés publics réservés aux entreprises locales, assorti d’un quota de 30 % de sous-traitance en leur faveur. Des propositions qui circulent dans les cercles patronaux depuis des années sans jamais avoir abouti à des textes contraignants. La différence que le HCI est censé apporter tient à la méthode : Hermann Immongault a annoncé que chaque engagement fera l’objet d’une évaluation adossée à des indicateurs de performance, avant examen en Conseil interministériel.
Le plan reste néanmoins suspendu à une question que le rapport ne tranche pas : celle du calendrier. Aucune date n’est fixée pour la promulgation du nouveau Code des investissements. Aucun mécanisme contraignant ne garantit l’apurement effectif des crédits de TVA accumulés. Et le secteur privé, qui doit porter les deux tiers du PNCD, attend des actes depuis suffisamment longtemps pour ne plus se satisfaire d’une feuille de route sans échéancier.














